Fillon et Copé discrets avant un test électoral pour l'UMP

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POURPARLERS DISCRETS ENTRE FILLON ET COPÉ AVANT UN TEST ÉLECTORAL POUR L'UMP
POURPARLERS DISCRETS ENTRE FILLON ET COPÉ AVANT UN TEST ÉLECTORAL POUR L'UMP

PARIS (Reuters) - François Fillon et Jean-François Copé ont poursuivi jeudi leurs apartés pour tenter de régler la crise à l'UMP, mise sous l'éteignoir avant trois élections législatives partielles où les candidats de l'opposition sont en délicate posture.

Le président proclamé de l'UMP et l'ancien Premier ministre, qui conteste une élection entachée selon lui d'irrégularités, se sont retrouvés pour la quatrième fois cette semaine à l'Assemblée nationale. L'entretien a duré une trentaine de minutes, a-t-on appris de sources parlementaires.

Les deux hommes ont prévu de se revoir la semaine prochaine, au lendemain du premier tour des législatives partielles de dimanche, dans le Val-de-Marne, les Hauts-de-Seine et l'Hérault.

Le rituel est désormais posé : des tête-à-tête dont les entourages sont tenus éloignés pour éviter la surenchère médiatique qui a suivi le scrutin interne du 18 novembre.

Un élu de l'UMP explique que les deux parties ne veulent rien laisser filtrer qui puisse nuire aux candidats UMP du scrutin de dimanche. Une contre-performance finirait de noircir le tableau pour le premier parti d'opposition de France.

Face à ce calme plat, la crainte d'un "petit arrangement entre amis", d'un "Yalta" opportuniste, a surgi au sein des "non-alignés" emmenés par Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet, mais le mouvement paraît s'essouffler face à la division de fait entre "copéistes" et "fillonistes".

"LA SOLUTION, C'EST LA DIVISION"

Le député "copéiste" Axel Poniatowski, qui s'est dissocié de ce groupe, prône sur son blog une solution qui entérinerait la scission - option avancée depuis quelques jours à mots couverts par des partisans de François Fillon.

"Il y a deux solutions possibles", écrit-il. "La première est l'organisation d'un nouveau vote dans un délai raisonnable".

"La deuxième, qui a pour mérite d'être plus rapide, est de trouver un compromis qui pourrait consister à répartir le parti et le groupe parlementaire entre les deux protagonistes : Jean-François Copé président de l'UMP et François Fillon président du groupe UMP réunifié".

"Je ne prétends pas que ces pistes de sortie soient les bonnes. Je pense juste qu'aujourd'hui il est temps de passer à autre chose", plaide-t-il.

Des "fillonistes" évoquaient en début de semaine le scénario d'une direction collégiale à la tête de l'UMP où une répartition des postes à parité refléterait le résultat serré, quasiment à 50-50, du scrutin du 18 novembre.

"Des réunions, Copé et Fillon peuvent en faire 20 ou 30, de toute façon, à mon avis, ça ne débouchera sur rien", glisse un parlementaire "filloniste" à Reuters. "Dans une semaine, on en sera au même point. La solution, c'est la division, c'est ce que beaucoup de parlementaires pensent", affirme-t-il.

Le "Rassemblement-UMP" (R-UMP), le groupe dissident présidé par François Fillon à l'Assemblée, a fait son entrée en scène cette semaine. Le député de Paris a assuré qu'il serait dissous dès une solution trouvée sur les modalités d'un nouveau vote.

"La stratégie de Jean-François Copé, c'est de gagner du temps quoi qu'il arrive. Aujourd'hui, je constate que le groupe R-UMP est en place et que ça ne crée pas plus de dégâts que ça", témoigne le député Lionel Tardy, un soutien de François Fillon.

"Le groupe R-UMP n'est pas près de disparaître", juge-t-il.

Emile Picy et Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

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