Fillon demande une copie des enregistrements de Jouyet

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PARIS, 14 novembre (Reuters) - François Fillon a fait demander vendredi à la justice une copie des enregistrements de la conversation qu'ont eue deux journalistes du Monde avec Jean-Pierre Jouyet au sujet de son déjeuner au contenu controversé avec le secrétaire général de l'Elysée. Les avocats de l'ex-Premier ministre de Nicolas Sarkozy en ont demandé une copie intégrale ou, à titre subsidiaire, les extraits concernant uniquement leur client et les propos qui lui sont allégués. Le tribunal des référés rendra sa décision jeudi prochain, le 20 novembre. Dans leur livre "Sarko s'est tuer", les deux journalistes du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, affirment que lors de ce déjeuner, fin juin, François Fillon aurait demandé au secrétaire général de l'Elysée de "taper vite" sur Nicolas Sarkozy et de faire accélérer les procédures judiciaires le visant pour ne pas le "laisser revenir" en politique. Après un démenti initial de Jean-Pierre Jouyet, ils ont dit détenir des enregistrements d'un entretien avec ce dernier confirmant leurs écrits. Le secrétaire général de l'Elysée est revenu en partie sur ses dires, disant avoir effectivement parlé des enquêtes pouvant éclabousser Nicolas Sarkozy. François Fillon nie de son côté avoir exercé la moindre pression, "même par allusion", sur le secrétaire général de l'Elysée. En meeting vendredi soir à Menton, dans les Alpes-Maritimes, il a affirmé qu'il ne plierait pas devant la "rumeur infamante". (voir ID:nL6N0T46D9 ) Devant le tribunal des référés, les avocats des deux journalistes ont mis en avant le secret des sources et des dossiers des journalistes et estimé que la demande de François Fillon n'était pas légalement admissible. "Cette procédure judiciaire sert une stratégie médiatique", a déclaré Me Christophe Bigot. Mais pour Me Jean-Pierre Versini-Campinchi, l'un des avocats de François Fillon, les enregistrements en question ne relèvent plus du secret des sources dès lors que les deux journalistes ont "pulvérisé" leur propre source. "Le secret des sources, c'est d'abord le devoir des journalistes", a-t-il dit vendredi soir. Or "c'est eux qui viennent brûler, carboniser leur source." Les défenseurs de l'ancien Premier ministre appuient leur requête sur un article du code de procédure civile qui prévoit qu'une personne peut demander en référé la production d'une pièce nécessaire à un procès avant de l'engager. Ils précisent envisager de poursuivre les journalistes du Monde pour "faute". Une citation directe en diffamation visant les journalistes du Monde ainsi que le secrétaire général de l'Elysée sera par ailleurs déposée lundi, a précisé Me Versini-Campinchi. L'opposition, qui crie au complot, a demandé la démission de Jean-Pierre Jouyet, tandis que la gauche accuse la droite de vouloir camoufler, en visant le secrétaire général de l'Elysée, la violence des tensions existant en son sein pour la présidentielle de 2017. (Chine Labbé; édité par Henri-Pierre André)

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  • mlaure13 le samedi 15 nov 2014 à 11:42

    Il s’y rend sans éteindre son micro ? on entend la conversation entre T. Tidona et N. Sarkozy, on apprend que l’ancien président a proposé un poste au militant en échange du retrait de sa question… gênante… "Si je suis élu à la présidence de l'UMP (...), vous serez nommé dans la commission financière. (...) Vous serez dans le petit groupe où on va mettre 4 ou 5 personnes, dont un représentant des militants, je vous propose de l'être. OK…

  • mlaure13 le samedi 15 nov 2014 à 11:39

    Le 13 novembre dans l’émission Complément d’enquête sur France 2. Les journalistes suivaient Thierry Tidona, militant UMP qui a porté plainte dans l'affaire Bygmalion et qui réclame la transparence. Remarqué dans les hautes sphères de l’UMP, les caméras le suivent lors d’un meeting de Nicolas Sarkozy où le militant a prévu de poser une question sur Bygmalion. Avant le meeting, il est invité dans les loges où Nicolas Sarkozy l'y attend personnellement.