Fillon appelle l'UE à négocier sur la taxe carbone aéronautique

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FRANÇOIS FILLON APPELLE L'UE À NÉGOCIER SUR LA TAXE CARBONE AÉRONAUTIQUE
FRANÇOIS FILLON APPELLE L'UE À NÉGOCIER SUR LA TAXE CARBONE AÉRONAUTIQUE

par Patrick Vignal

PARIS (Reuters) - L'Union européenne doit être prête à modifier son système de quotas d'émissions de CO2 mis en place dans l'aérien afin ne pas léser son industrie aéronautique, écrit François Fillon dans une lettre adressée au président de la Commission européenne.

Cette directive, qui oblige depuis janvier les compagnies faisant voler des avions dans le ciel européen à acheter l'équivalent de 15% de leurs émissions de CO2, sous peine de payer une taxe de 100 euros par tonne émise hors quotas, a provoqué l'ire des Etats-Unis, de la Chine et de l'Inde.

"Il paraît absolument indispensable que l'Union, au regard du contexte international qui ne cesse de se dégrader sur ce dossier, déploie tous les efforts nécessaires pour trouver des solutions mutuellement acceptables avec les Etats tiers", écrit le Premier ministre dans la lettre à José Manuel Barroso, dont Reuters a obtenu une copie.

Des contacts politiques "doivent être l'occasion de préciser clairement que l'Union européenne est prête, comme le prévoit déjà la directive, à réviser sa législation, dès lors que les Etats tiers accepteraient de participer à un accord international qui soit à la fois ambitieux, global, non-discriminatoire et juridiquement contraignant de réduction des émissions du secteur aérien", ajoute le Premier ministre.

Mais si l'Union et ses entreprises devaient faire l'objet de mesures discriminatoires, il doit être clair que "l'Union n'hésiterait pas à réagir fermement en adoptant des mesures appropriées", écrit François Fillon.

Les responsables d'Airbus, de compagnies aériennes dont Air France et de motoristes européens ont écrit aux dirigeants politiques européens pour les enjoindre de résoudre la querelle provoquée par l'introduction de cette taxe carbone dans l'Union.

Les signataires estiment que les représailles de la Chine et d'autres pays opposés au plan européen visant à réduire les émissions de carbone (ETS) afin de limiter le réchauffement climatique entraînent de lourdes conséquences pour le secteur.

LA CHINE BLOQUE UNE COMMANDE D'AIRBUS

En représailles contre la directive, la Chine a bloqué l'achat de 55 Airbus, dont 45 long-courriers A330 et 10 très gros porteurs A380, des commandes d'une valeur totale de 14 milliards de dollars (10,5 milliards d'euros).

La Chine, où le marché aérien connaît sa plus forte croissance, est un client majeur d'Airbus et Boeing.

Pékin tend à commander des avions en larges quantités, par le biais d'une centrale d'achats, avant d'allouer les appareils aux différentes compagnies aériennes. Son feu vert final est nécessaire à la livraison des appareils.

François Fillon fait part au président de la commission européenne d'une vive inquiétude de la part des industriels. Les présidents d'Airbus, Air France et Safran estiment que la suspension par la Chine de sa commande d'Airbus pourrait entraîner, outre des pertes commerciales considérables, la suppression de 2.000 emplois, écrit le Premier ministre.

Le PDG d'Airbus, Tom Enders, a lui aussi écrit à José Manuel Barroso, pour déplorer la "situation très sérieuse" provoquée par la menace de représailles de la Chine et d'autres Etats.

La commissaire européenne à l'Environnement, Connie Hedegaard, a indiqué la semaine dernière dans une interview au journal Le Monde que l'Europe était prête à modifier la taxe carbone et a estimé qu'un compromis était possible d'ici à 2013.

La taxe sur les émissions de carbone représente un surcoût de l'ordre de deux euros par passager pour un trajet entre l'Europe et la Chine.

La réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le secteur de l'aviation est essentielle pour la lutte contre le changement climatique et la France reste, comme ses partenaires européens, attachée à cet objectif, précise François Fillon dans sa lettre, datée du 22 mars.

Edité par Yves Clarisse

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  • M1765517 le jeudi 5 avr 2012 à 12:25

    taxes taxes va y taxes, tu iras chercher les fruits des taxes ou ? et après tu subventionneras les constructeurs d'avions dont les compagnie n'auront plus de clients.