Fillon appelle à "bousculer" la primaire et promet une surprise

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    PARIS, 18 novembre (Reuters) - François Fillon a invité 
vendredi les électeurs à "bousculer" la primaire de la droite et 
du centre, convaincu d'une "surprise", et s'est projeté sans 
attendre vers la présidentielle de 2017 en s'engageant à 
"reprendre le flambeau" du gaullisme. 
    A 48 heures du premier tour, qui augure d'un match serré 
avec Alain Juppé et Nicolas Sarkozy pour l'investiture 
présidentielle, l'ancien Premier ministre a dit sentir "comme 
une vague qui monte", "une étrange fraîcheur" dans "les couloirs 
de cette primaire qu'on nous disait fermée à double tour". 
    Porté par une dynamique aussi soudaine qu'inédite dans les 
sondages, le député de Paris est désormais donné gagnant au 
second tour contre Alain Juppé ou Nicolas Sarkozy dans plusieurs 
études.   
    "Je suis le pied sur l'accélérateur, mais je vous demande 
aussi de mettre le turbo partout où votre voix peut être 
entendue", a lancé l'amateur de course automobile à plusieurs 
milliers de partisans réunis à Paris. Quelque 6.500 personnes, 
selon son entourage, réparties dans trois salles, celle du 
Palais des congrès s'avérant insuffisante. 
    "Ce que j'ai entendu sur le terrain me laisse entendre qu'il 
va y avoir une surprise", a-t-il affirmé sous les vivats. "Vous 
voulez des primaires qui soient vraiment les vôtres? Alors 
bousculez-les et emparez-vous d'elles!", a-t-il clamé. 
    Se plaçant sous la tutelle du général de Gaulle et de son 
appel à la résistance du 18 juin 1940, il a dit s'attaquer à 
"une citadelle" pour "enclencher la révolution du bon sens". 
     
    "TOUT PEUT BASCULER" 
    "L'élection présidentielle de 2017 ne peut pas être celle de 
la revanche, elle ne peut pas être celle d'une alternance 
classique : elle doit être le point de départ d'un peuple qui 
(...) se met à l'offensive et à l'action", a-t-il anticipé, 
visant ses adversaires Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, 
respectivement en meeting à Nîmes et Lille. 
    Défendant un programme radical, raillant le procès en 
libéralisme à son encontre ("Je n'ai pas lu toute l'oeuvre de 
Raymond Aron et c'est vrai, je n'ai jamais aimé Marx"), François 
Fillon, qui a reçu vendredi le soutien de Valéry Giscard 
d'Estaing, a attaqué les propositions économiques du maire de 
Bordeaux et de l'ancien chef de l'Etat. 
    Au premier, qui juge "illusoire" son projet de suppression 
de 500.000 postes dans la fonction publique en cinq ans, il a 
répondu que "cette critique signe son impuissance et justifie ma 
candidature." 
    Au second, il reproche de "cristalliser à tout jamais" les 
35 heures avec la défiscalisation des heures supplémentaires. 
"On défiscalise à tout va, on promet aux Français qu'on s'en 
sortira en travaillant moins que les autres", a-t-il déclaré. 
    "Je regarde l'avenir et juge lucidement le passé et m'en 
sens pour partie comptable, car celui qui ne fait pas 
l'inventaire n'a aucune chance d'inventer un autre futur", 
a-t-il souligné. 
    La campagne pour le premier tour s'achève vendredi soir à 
minuit. 
    "Nous le sentons bien, tout peut basculer", a lancé l'ancien 
président (Les Républicains) de l'Assemblée Bernard Accoyer. 
    "Dimanche soir, François Fillon sera qualifié pour le 
deuxième tour, le 27 (novembre, date du second tour-NDLR), il 
sera le candidat de la droite et du centre à l'élection 
présidentielle, le 7 mai prochain il sera le président de la 
République", a dit le président (LR) du Sénat, Gérard Larcher. 
 
 (Sophie Louet, édité par Myriam Rivet) 
 
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