Fillon accuse implicitement Hollande de manoeuvre contre l'UMP

le , mis à jour à 20:11
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* Il soupçonne Jouyet d'avoir été en "service commandé" * Il dit ne jamais avoir évoqué les "affaires" * Un troisième participant au déjeuner va dans son sens (Actualisé avec détails) par Chine Labbé PARIS, 28 mai (Reuters) - François Fillon a implicitement accusé jeudi François Hollande d'avoir ourdi un machination politique en faisant courir la thèse que l'ancien Premier ministre avait demandé à l'Elysée d'accélérer le cours de la justice contre Nicolas Sarkozy. Le député de la capitale, qui poursuit le secrétaire général de l'Élysée, Jean-Pierre Jouyet, et deux journalistes du Monde pour diffamation, a déclaré devant le tribunal correctionnel de Paris avoir la conviction que le bras droit du président français était en "service commandé" quand il a fait état d'une telle démarche, qui aurait eu lieu au cours d'un déjeuner. "Je n'accepte pas une telle salissure dont je ne conçois que trop les motifs", a dit François Fillon, qui a parlé d'une "opération" visant à le "décrédibiliser" et à "semer la zizanie" dans sa famille politique. Jean-Pierre Versini-Campinchi, avocat de l'ancien Premier ministre, a été explicite, citant le nom Francois Hollande. "C'est une affaire d'Etat", a-t-il déclaré à l'audience. "Monsieur Jouyet est le premier commis de la République, donc il ne peut pas être un plaisantin." Dans leur livre "Sarko s'est tuer", les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme --présents jeudi à l'audience-- affirment que lors d'un déjeuner, le 24 juin 2014, François Fillon a demandé à Jean-Pierre Jouyet de "taper vite" sur Nicolas Sarkozy pour ne pas le "laisser revenir" en politique. Une partie de leur conversation avec Jean-Pierre Jouyet en septembre 2014 à l'Elysée a été diffusée à l'audience. On entend sur cet enregistrement le secrétaire général de l'Elysée, ami intime de François Hollande depuis 40 ans, dire de ses interlocuteurs qu'ils sont "bien informés", et ajouter : "en gros son machin c'était de dire 'mais tapez vite! Tapez vite." "AUCUN SENS" Les journalistes du Monde, qui disent avoir eu écho de la conversation Fillon-Jouyet par le biais d'une source à l'UMP, maintiennent leur version des faits. François Fillon a totalement démenti cette version. "J'aurais été remettre mon destin et mon honneur entre les mains de mes adversaires politiques ? Ça n'a aucun sens", a poursuivi l'ancien Premier ministre. Pendant ce déjeuner avec Jean-Pierre Jouyet, "nous avons parlé de l'Europe, nous avons parlé de la nomination de Jacques Toubon au poste de défenseur des Droits, nous avons parlé de la situation économique", a-t-il dit. "A aucun moment nous n'avons évoqué des affaires." Il a rappelé que l'une des affaires qui aurait été évoquée, à savoir la prise en charge par l'UMP des pénalités infligées à Nicolas Sarkozy après l'invalidation des comptes de sa campagne présidentielle de 2012, "n'existait pas" au moment du déjeuner. C'est le 2 juillet 2014 que le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire sur ce dossier. Un troisième participant au déjeuner, Antoine Gosset-Grainville, successivement directeur adjoint de cabinet de François Fillon à Matignon et bras droit de Jean-Pierre Jouyet à la Caisse des dépôts, a soutenu la version du député UMP. "Il n'y a pas eu de demande d'intervention, et le sujet des affaires n'a pas été évoqué", a-t-il dit à l'audience, où il était entendu comme témoin. Jean-Pierre Jouyet n'était pas présent au tribunal, et l'Elysée s'est refusé jeudi à tout commentaire sur ce dossier. Après un démenti, le secrétaire général de l'Elysée avait dit avoir parlé, lors du déjeuner avec François Fillon, de certaines affaires pouvant éclabousser l'ancien chef de l'Etat. (avec Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)

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  • M8469310 le jeudi 28 mai 2015 à 11:52

    aux échecs: Fillon le plus propre de la Bande, mat en deux coup. Mais qui joue en face?