FIFA, Platini, Sarkozy... Sepp Blatter livre ses vérités

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FIFA, Platini, Sarkozy... Sepp Blatter livre ses vérités
FIFA, Platini, Sarkozy... Sepp Blatter livre ses vérités

A l'occasion d'un long entretien accordé à nos confrères de RMC, Sepp Blatter, le président suspendu de la FIFA, a fait le tour de son actualité. Alors que le Suisse ne soutiendra aucun candidat lors de la prochaine élection présidentielle, il n'est pas question de considérer Michel Platini comme un ennemi. Sepp Blatter livre ses vérités.

Après avoir été entendu mardi pendant huit heures par la Commission de recours de la FIFA, Sepp Blatter, le président suspendu de l’instance internationale, a accordé ce jeudi une longue interview à nos confrères de RMC. L’occasion de plaider une nouvelle fois son innocence face aux accusations qui pèsent sur lui. « Mon audition de mardi était un peu spéciale par rapport aux précédentes avec la commission d'éthique, a expliqué le dirigeant suisse de 79 ans. La commission d'appel de la Fifa est composée uniquement de personnes de la FIFA. Je me suis senti plus à l'aise avec eux. Je suis le premier à être déçu de cette affaire de corruption. On dit que c’est Blatter qui est responsable de tout. C’est beaucoup trop facile. La justice américaine a pris en main la FIFA et ses membres. Ce sont des personnes qui viennent d'Amérique du Nord et du Sud qui ont commis des délits dans leurs confédérations. Et La FIFA n’a pas de droit de regard sur les activités des confédérations. Je ne peux pas être la conscience morale de ces personnes. »

La fin de ses responsabilités

Aujourd’hui, Sepp Blatter se dit triste de son départ de la FIFA, notamment après tout ce qui a été fait pour le football. Mais le Suisse reconnaît aussi avoir fait son temps. « Je suis content d’arriver à la fin de mes responsabilités, reconnaît-il dans un hôtel de la FIFA. Quarante et un an, c’est beaucoup. Mais je ne peux pas me séparer du football et de la FIFA. Je ne peux pas dire que c’est fini et que je ne fais plus rien. On a développé le football avec l’aide de la télévision. Je ne peux plus prendre une autre responsabilité dans le football. Mais j’aimerais bien que cette FIFA continue d’exister comme avant. Malgré tous ces scandales, la FIFA, c’est plus de 40 employés. La FIFA continue de fonctionner. »

« Les Américains ont décidé de prendre le contrôle »

Selon Sepp Blatter, toutes les histoires du moment ne suffisent pas à tuer l’image de la FIFA. Et ceci malgré les nombreuses sanctions qui sont tombées, et celles qui devraient encore s’abattre sur les différents accusés. « Ça ne tue pas l’image de la FIFA. Ce n’est pas vrai. Le football continue d’exister. Il est devenu un mouvement beaucoup trop grand pour qu’il soit hypothéqué. Dans les grandes entreprises mondiales, il y a de temps en temps des fautifs et on les change. C’est ce qu’on fait. Je suis responsable mais je ne suis pas le seul. Mais il ne faut pas oublier que le football est un sport de passion. Les Américains ont décidé de prendre le contrôle de la FIFA. Il y a eu cette fameuse conférence de presse où ils ont dit que la FIFA était une organisation mafieuse, qu'il fallait la détruire. »

Platini n’est pas un ennemi

Si les Américains sont donc dans le viseur, Michel Platini ne serait pas l’ennemi de Sepp Blatter. Le Suisse ne le considère pas comme un traître malgré sa décision de soutenir la candidature du Qatar pour le Mondial 2022. « Je ne crois plus que l’on soit ennemi avec Platini. Selon ces dernières déclarations, il me trouve sympathique. En septembre, quand on est passé devant le comité exécutif de la FIFA, on s’est demandé pourquoi. Depuis ce jour, je n’ai plus parlé avec Platini. Ni au téléphone, ni à l’écrit. Il y a eu un accord oral (ndlr : concernant le versement d’1,8 M€ à Platini en 2011), qui est également un contrat. C’est dans la loi suisse et dans le code d’organisation de la FIFA. Un contrat peut être fait oralement. Platini est innocent. Comme moi. Il n’y a rien là-dedans. C’est une affaire comptable. Pas une affaire d’éthique. Il y avait un contrat qui existait. Et on doit l’honorer. C’est ma philosophie. »

L’intervention de Sarkozy qui change tout

Avec le recul, Sepp Blatter avoue que Nicolas Sarkozy a fait basculer le processus d’attribution de la Coupe du Monde 2022. Et à demi-mot, on peut comprendre que cette décision aurait été de nature à lancer les procédures américaines sous le signe de la vengeance. « Il y avait un accord tacite : pour 2018, la Coupe du Monde devait revenir en Europe. On n'était jamais allé à l'Est. Donc la Russie était un candidat valable. Et pour 2022, on devait revenir en Amérique du Nord. Le seul qui avait le potentiel, c'était les Etats-Unis. Mais c'est tombé à l'eau. Je n’en veux pas particulièrement à Sarkozy. Pas du tout. Les Coupes du monde sont attribuées par des interventions politiques. Et cette intervention politique française a fait changer notre accord tacite. Si on avait choisi les Etats-Unis, on n’aurait pas tous ces problèmes. (…) Moi, je n’étais pas pour la Coupe du Monde au Qatar. Après, j’ai travaillé dessus quand ça a été décidé. Je n’ai jamais subi de pression des Qataris. »

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