Fifa-Platini entre le statut de témoin et celui d'accusé

le
0

(Actualisé avec interview de Platini) ZURICH, 29 septembre (Reuters) - La justice suisse considère que Michel Platini, président de la Fédération européenne de football (UEFA), a un statut intermédiaire entre celui de témoin et d'accusé dans l'affaire de corruption qui a été élargie la semaine dernière à Sepp Blatter, président de la fédération internationale (Fifa), a annoncé mardi le procureur général Michael Lauber. "Nous n'avons pas entendu M. Platini en tant que témoin. Ce n'est pas vrai. Dans notre enquête, son statut est entre celui de témoin et celui d'accusé", a-t-il déclaré la presse. "Je ne peux pas vous dire si j'ai été satisfait ou pas parce que je compromettrais gravement l'enquête", a-t-il poursuivi, ajoutant qu'il n'avait pas encore décidé de mettre ou non Sepp Blatter en examen. Les deux hommes ont été entendus vendredi après l'annonce de l'ouverture d'une procédure pénale à l'encontre du président de la Fifa, que la justice suisse soupçonne d'avoir versé illégalement deux millions de francs suisses (1,83 million d'euros) à Michel Platini en 2011. Ce dernier dit avoir perçu cette somme en toute légalité pour le rôle de conseiller qu'il a exercé de 1998 à 2002 auprès de la Fifa. Dans un entretien accordé à l'AFP et diffusé mardi soir, il s'explique par ailleurs sur le décalage de neuf ans entre sa mission et le versement. "MON INTÉGRITÉ NE FAIT AUCUN DOUTE" "J'étais employé par la Fifa en qualité de conseiller de son président M. Joseph Blatter notamment pour tout ce qui concernait les questions liées au football comme par exemple le calendrier international. C'était un travail à plein temps", dit Michel Platini. "Comme je l'ai expliqué aux autorités suisses, j'ai reçu une partie du salaire convenu à l'époque entre 1998 et 2002 (...) M. Blatter m'avait informé au début de mon travail de conseiller qu'il ne serait pas possible de payer l'intégralité de mes émoluments immédiatement, notamment à cause de la situation financière de la Fifa à ce moment. "N'ayant jamais douté que ce qui m'était dû me serait versé en temps opportun, je n'ai pas cherché à obtenir ce paiement rapidement et j'ai quelque peu laissé de côté cet aspect des choses, pour finalement demander à la Fifa le solde de ma rémunération en 2011", explique-t-il. "Mon intégrité ne fait aucun doute. Je n'ai rien à me reprocher", assure l'ancien international français, qui reste candidat à la présidence de la Fifa. Sepp Blatter, qui clame son innocence, a dû démissionner le 2 juin de la présidence de la Fifa, quatre jours seulement après avoir été réélu. Son successeur doit être désigné le 26 février prochain. (Brian Homewood et Simon Evans; Jean-Philippe Lefief pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant