Fifa-Jérôme Champagne critique les projets de Gianni Infantino

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    ZURICH, 20 février (Reuters) - Le Français Jérôme Champagne, 
l'un des cinq candidats à la présidence de la Fifa le 26 
février, a critiqué samedi les projets d'un de ses rivaux, 
l'Italo-Suisse Gianni Infantino, les jugeant financièrement 
"dangereux" pour l'instance mondiale du football. 
    Pour l'équipe de campagne d'Infantino, ses propositions sont 
tout à fait réalistes si la fédération internationale de 
football fait suffisamment d'économies et, si possible, accroît 
ses revenus. 
    Dans une lettre aux 209 associations nationales membres de 
la Fifa qui voteront vendredi prochain, Jérôme Champagne, ancien 
secrétaire général adjoint de l'organisation, estime que les 
plans d'Infantino pourraient se traduire par des dépenses 
supplémentaires de 900 millions de dollars sur les quatre 
prochaines années. 
    Infantino, depuis 2009 secrétaire général de l'UEFA, 
l'instance européenne du football, a promis de distribuer cinq 
millions de 5 million dollars tous les quatre ans à chaque 
fédération nationale, pour des programmes de développement,  
plus 40 millions de dollars pour chacune des six confédérations 
continentales sur la même période. 
    Pour Jérôme Champagne, ces propositions "séduisantes sur le 
papier" sont "en réalité très dangereuses". Il précise que le 
budget de la Fifa pour 2015-2018, approuvé en 2014, table sur un 
revenu de cinq milliards de dollars pendant ces quatre années. 
    Mais si la Fifa a prévu à l'origine un bénéfice de 100 
millions de dollars durant cette période, elle pourrait en fait 
être confrontée à un déficit de 600 millions de dollars, 
poursuit-il. 
    "La Fifa traverse actuellement une période difficile avec un 
déficit d'environ 100 millions de dollars en 2015", ajoute 
Jérôme Champagne. 
    "Il semble en conséquence absurde de promettre près d'un 
milliard de dollars dans des buts politiques et électoralistes, 
après avoir critiqué la Fifa et le président (Sepp) Blatter 
pendant des années sous le prétexte allégué que celui-ci avait 
obtenu des suffrages en échange de programmes de développement", 
affirme le candidat français. 
    Les partisans de Gianni Infantino ont répondu que ce dernier 
avait une longue expérience des questions financières. 
    "Il est tout à fait sûr que ses propositions sont 
réalisables (...) et seront faciles à appliquer si l'on 
considère qu'on parle de réinvestir dans le développement du 
football 1,2 milliard sur 5,5 milliards de dollars de revenus", 
a déclaré l'équipe de campagne du Suisse dans un communiqué. 
    Les trois autres candidats à la présidence de la Fifa sont 
le prince jordanien Ali Bin al Hussein, le cheikh bahreïni 
Salman Bin Ebrahim Al Khalifa et le Sud-Africain Tokyo Sexwale. 
 
 (Brian Homewood; Guy Kerivel pour le service français) 
 
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