Fifa-Elu pour un 5e mandat, Blatter fustige USA et UEFA

le , mis à jour à 19:35
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* Blatter soupçonne les Américains d'avoir voulu sa chute * Le patron de la Fifa dénonce la haine de l'UEFA * L'Afrique et l'Asie soutiennent Blatter * Les sponsors inquiets (Actualisé avec Greg Dyke, §6) par Brian Homewood ZURICH, 30 mai (Reuters) - Sepp Blatter a entamé samedi son cinquième mandat de président de la Fifa en dénonçant ceux qui ont tenté de se mettre en travers de sa route, les Etats-Unis et l'UEFA, à la faveur d'une enquête sur une affaire de corruption marquée par l'arrestation de sept dirigeants du football mondial à Zurich. Blatter, 79 ans, a été reconduit dans ses fonctions vendredi lors du 65e congrès de la Fédération internationale de football après le retrait au second tour de son unique rival, le prince jordanien Ali bin Al Hussein soutenu par les Américains et les Européens. La tâche qui attend maintenant le dirigeant, en place depuis 1998, est de rétablir la confiance publique dans une institution éclaboussée par des soupçons de corruption et minée par des divisions au sein de sa direction. David Gill, vice président de la Fédération anglaise de football (FA), a confirmé samedi qu'il ne siégerait pas à la commission exécutive de la Fifa, en raison de la réélection de Sepp Blatter. "Ma réputation professionnelle est trop importante à mes yeux et je ne vois pas comment il pourrait y avoir un changement bénéfique pour le football mondial tant que M. Blatter sera en poste", a déclaré David Gill, précisant qu'il allait se consacrer à ses activités à la FA et à l'UEFA. Le président de la FA, Greg Dyke, pense quant à lui que Sepp Blatter sera contraint de démissionner. "Je pense qu'on va apprendre très probablement de nouveaux scandales et que Blatter sera alors forcé de démissionner", a-t-il dit. Interrogé sur la radio-télévision suisse (RTS) vendredi, juste après son élection, Sepp Blatter n'a montré aucune volonté d'oeuvrer en faveur d'un retour à l'unité et au consensus au sein de la Fifa. "On ne m'enlèvera pas l'idée que c'est une simple coïncidence, cette attaque américaine deux jours avant les élections à la Fifa et ensuite la réaction de l'UEFA ou de M. Platini", a-t-il déclaré à la RTS. "Je n'ai pas la certitude, mais ça ne sent pas bon". "Pourquoi n'ont-ils pas fait cela au mois de mars lorsque nous avions le même genre de réunion ? A ce moment-là, il y avait moins de journalistes", a-t-il noté. "Il y a des signes qui ne trompent pas: les Américains étaient candidats à la Coupe du monde de 2022 et ils ont perdu (...) Si les Américains ont à faire avec des délits d'argent ou de droit commun qui concernent des citoyens nord ou sud-américains, qu'ils les arrêtent là-bas, mais pas à Zurich alors qu'il y a un congrès", a-t-il estimé. BLATTER PARLE DE "HAINE" DE L'UEFA La police suisse a procédé mercredi matin aux interpellations de sept hauts responsables de la Fifa, dans leur hôtel de Zurich, dans le cadre d'une enquête pour corruption ouverte par la justice américaine. Parmi les dirigeants appréhendés, figurait Jeffrey Webb, vice-président de la Fifa et ancien patron de la Concacaf, la Fédération d'Amérique du Nord et d'Amérique centrale. Les sept responsables ont été placés en détention dans l'attente d'une demande d'extradition des Etats-Unis. Michel Platini, président de l'UEFA, a alors appelé Sepp Blatter à démissionner et annoncé que les fédérations européennes allaient dans leur grande majorité se rallier à la candidature du prince Ali bin Al Hussein. "Il s'agit de haine, non seulement d'une personne de l'UEFA mais également de toute l'organisation de l'UEFA qui n'a pas compris que j'étais président depuis 1998. Je pardonne à tout le monde mais je n'oublie pas", a commenté Sepp Blatter. SOUTIEN DE L'ASIE ET DE L'AFRIQUE Le patron de la Fifa n'est accusé d'aucune malversation mais sa présence à la tête de l'organisation pendant près de 20 ans, période au cours de laquelle les soupçons et les accusations de corruption se sont multipliés, a incité ses adversaires à réclamer son départ. Son élection vendredi dans un climat très tendu s'explique en grande partie par le soutien dont Sepp Blatter jouit au sein des pays africains et asiatiques dont il a entretenu le ressentiment à l'égard de l'Europe et de l'Amérique du Sud qui abritent les nations les plus titrées et les joueurs les plus célèbres. "L'AFC (la Fédération asiatique du football) a toujours soutenu le président de la Fifa et nous sommes ravis de continuer à travailler avec lui et avec la Fifa afin de continuer à développer le football asiatique et mondial dans l'avenir", a commenté son président le cheikh Salman ben Ebrahim al Khalifa, samedi. La réélection de Sepp Blatter met fin à la lutte de pouvoir à la tête de la Fédération internationale mais elle n'éteint pas la procédure judiciaire conduite par le FBI. Le police suisse a, elle, ouvert une enquête sur les conditions d'attribution en décembre 2010 des Coupes du monde pour 2018 à la Russie et pour 2022 au Qatar. Sur le plan politique, la question d'une sortie de l'UEFA et de la Fifa a été évoquée mais un tel scénario paraît peu probable. De même, un boycott du Mondial 2018 ou de celui de 2022 demeure hypothétique. La situation inquiète pourtant certains sponsors comme Visa, Coca-Cola ou McDonald's qui ont demandé à l'organisation mondiale d'intervenir au plus vite pour rétablir son image de marque écornée. (Brian Homewood; Eric Faye et Pierre Sérisier pour le service français)

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