Fifa-Amertume au sein du football arabe après l'occasion manquée

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    par Osama Khairy 
    LE CAIRE, 27 février (Reuters) - Le football arabe a gâché 
sa chance de faire élire son premier président de la Fifa, ses 
deux candidats n'ayant pas réussi à faire cause commune lors de 
l'élection de vendredi, ce qui a permis à l'Italo-Suisse Gianni 
Infantino de les coiffer au poteau. 
    Gianni Infantino, secrétaire général de l'UEFA, a obtenu 88 
voix au premier tour de scrutin, où une majorité des deux tiers 
était nécessaire, trois de plus que le cheikh bahreïni Salman 
bin Ebrahim al Khalifa, président de la Confédération asiatique 
de football (AFC) tandis que le prince jordanien Ali Bin al 
Hussein en obtenait 27 et le Français Jérôme Champagne sept. 
    Le cheikh Salman aurait accru ses chances s'il avait uni ses 
efforts à ceux du prince Ali, Gianni Infantino ayant gagné au 
second tour avec 115 des 207 suffrages, soit plus que la 
majorité requise de 104. Le cheikh Salman a obtenu 88 voix et le 
prince quatre. Le Français Jérôme Champagne n'a obtenu aucune 
voix lors de ce second tour. 
    Le Sud-Africain Tokyo Sexwale avait annoncé son retrait 
avant le début du vote. 
    La Confédération africaine de football (Caf) a apporté son 
soutien au cheikh Salman. La confédération de celui-ci, l'AFC, a 
dit qu'elle l'avait soutenu mais il semble que certains de ses 
pays ne lui aient pas apporté leur voix. 
    "L'Afrique a tenu ses promesses, mais il est clair que 
quelques chose est arrivé avec les pays asiatiques et c'est cela 
qui est derrière le résultat final", a déclaré le président de 
la Fédération de football du Soudan, Mutasim Jaffar. 
    "Le cheikh Salman dépendait beaucoup de l'Afrique et de 
l'Asie et le plan était d'obtenir 100 voix au premier tour. Il 
faut qu'il découvre ce qui s'est passé avec le vote de chez 
lui", a ajouté Mutasim Jaffar. 
    Le président de la Fédération de Bahreïn Ali Al Khalifa a 
évoqué des promesses non tenues. 
     
    "DIVISÉS COMME D'HABITUDE" 
    "Certains pays ont fait des promesses mais ne les ont pas 
tenues. Nous sommes tous arabes mais, malheureusement, certains 
soutiennent le candidat de l'autre partie. Nous espérons que 
cela change à l'avenir", a déclaré Ali Al Khalifa dans une 
interview télévisée. "Nous, Arabes, devrions unir nos efforts et 
être clairs entre nous."     
    "Il est apparu des le premier tour que certains pays avaient 
rejoint l'autre partie. Nous devons maintenant regarder vers 
l'avenir et aider le nouveau président de la Fifa à la sortir de 
la crise", a-t-il ajouté. 
    Le vote de vendredi était la deuxième chance pour le 
football arabe de parvenir à la présidence de la Fifa après le 
scrutin du mois de mai lors duquel le prince Ali avait perdu 
avec 73 voix face au président sortant, le Suisse Sepp Blatter, 
qui avait obtenu 133 voix. Le cheikh Salman avait à l'époque 
annoncé son soutien à Sepp Blatter. 
    Dans un contexte d'accusations de corruption autour de la 
Fifa, Blatter avait dû démissionner quatre jours après avoir 
remporté son dernier mandat. Il a depuis été interdit de toute 
activité de football pour une période de six ans pour violations 
éthiques. 
    "Les Arabes ont divisés comme d'habitude. Une chance 
historique a été gaspillée et elle ne reviendra pas", commente 
le journaliste arabe Moustafa Agha sur Twitter. "Infantino a 
gagné parce que les arabes étaient divisés. S'il y avait eu 
coopération, nous pourrions avoir eu un président arabe." 
    Pour que le cheikh Salman et le prince Ali aient pu 
coopérer, il aurait fallu qu'ils mettent de côté leurs 
différends passés. 
    Quand le cheikh Salman est devenu président de l'AFC en 
2013, il a procédé à des changements qui, de fait, ont fait 
perdre au prince Ali son siège de représentant de l'Asie au 
comité exécutif de la Fifa. 
    Cette absence de soutien s'est poursuivie quand le cheikh 
Salman a fait savoir que l'AFC soutiendrait Sepp Blatter face à 
l'importe quel autre candidat lors des précédentes élections, y 
compris lors du scrutin de mai dernier.    
 
 (Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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