"Fier et nostalgique", Hollande dit au revoir à la Corrèze

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"Fier et nostalgique", Hollande dit au revoir à la Corrèze
"Fier et nostalgique", Hollande dit au revoir à la Corrèze

TULLE, Corrèze (Reuters) - François Hollande a tourné vendredi une page de sa vie politique en venant saluer une dernière fois les Corréziens avant de devenir officiellement, mardi, président de la République.

Le prochain chef de l'Etat a insisté sur le lien qui l'unissait aux habitants d'un département dont il est président du Conseil général et où il a fêté dimanche sa victoire à l'élection présidentielle.

"Je ne me sépare pas de vous, je vais m'éloigner", leur a-t-il dit. "Si je viens moins, ne pensez pas que je vous abandonne (...) Je suis lié à vous".

François Hollande a passé la journée à Tulle pour régler sa succession dans un département dont il a fait le berceau de sa carrière politique dès le début des années 1980.

"Je suis dans la partie la plus agréable de mon mandat, je circule, j'attends mardi prochain", a-t-il dit dans un sourire lors d'un discours au Conseil général, où il devait déjeuner puis consulter tout l'après-midi.

"Les gens ont l'air content et je me demande comment j'ai fait pour n'avoir que 51,6% des suffrages quand je vois le nombre de personnes qui votent pour moi !"

En Corrèze, François Hollande a recueilli plus de 75% des voix, et c'est sur le parvis de la cathédrale de Tulle qu'il a prononcé dimanche soir ses premiers mots de président élu.

François Hollande s'est dit vendredi à la fois "fier et nostalgique" de quitter la Corrèze, un "beau département" où il a multiplié au long des ans tours au marché, inaugurations et réunions au point de devenir un "spécialiste des salles polyvalentes".

Il a, surtout, rendu hommage aux Corréziens, une "population qui n'est pas facile à séduire".

"D'abord ils sont intelligents. La preuve : faire élire deux présidents", a dit le successeur de Jacques Chirac, autre élu corrézien ayant présidé la France de 1995 à 2007. "Ils ont compris depuis très longtemps qu'il fallait à la fois se méfier de Paris et y envoyer un certain nombre de concitoyens pour en tirer des bénéfices".

HOMMAGE À LA RÉSISTANCE

Né à Rouen en 1954, François Hollande s'est présenté pour la première fois à la députation en Corrèze en 1981. Elu deux ans plus tard à la mairie d'Ussel, il est devenu député à sa troisième tentative, en 1988. Ancien maire de Tulle, il a été élu président du Conseil général en 2008.

"Je ne suis pas né ici", a-t-il dit vendredi. "Il ne faut jamais penser que ceux qui sont nés quelque part ne sont pas dignes d'être accueillis ailleurs".

Le président élu a commencé la journée par une cérémonie en hommage aux 99 résistants pendus à Tulle par les nazis en 1944. Il a prévu de revenir dans la capitale de la Corrèze le 9 juin prochain, jour anniversaire de ce drame.

En 2007, Nicolas Sarkozy avait lui aussi choisi d'honorer la Résistance dès son élection en saluant la mémoire de Guy Môquet.

"Si on veut trouver une continuité, cherchons-la de ce côté, c'est-à-dire dans la volonté de chaque président de rappeler les sacrifices qui ont été ceux d'une génération qui va disparaître et qui mérite d'être autant qu'il est possible transmis", a dit François Hollande après la cérémonie.

Le nouveau président a toutefois mis en garde contre toute "utilisation de la mémoire".

"La mémoire, elle appartient à tous les Français, le président doit en être le garant", a-t-il dit. "Mais nous ne devons pas mettre les mémoires dans un conflit, les mémoires, elles doivent rassembler".

François Hollande devait revenir à Paris dans la soirée avant un week-end "privé", au terme d'une semaine chargée où il a notamment travaillé sur les dossiers européens.

Il a déclaré à ce propos à Tulle ne pas être surpris par les prévisions de croissance en France annoncées vendredi par la Commission européenne, inférieures à celles anticipées par l'exécutif sortant.

Régis Duvignau, avec Elizabeth Pineau à Paris, édité par Patrick Vignal

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