Fidelity remet en selle son fonds nordique

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(NEWSManagers.com) - Le profond changement opéré il y a un an dans la gestion du fonds FF Nordic Fund semble porter ses fruits. Depuis le début de l'année, l'OPCVM affiche une progression de 15,45 % contre 11,46 % pour sa référence, le FTSE Nordic Large. Longtemps benchmarké, le fonds est désormais à la main de Bertrand Puiffe, analyste financier de formation, spécialisé dans les valeurs françaises et européennes et très marqué en matière de " stock picking" . D'où la présence au sein du portefeuille de sociétés ne figurant pas, pour 90 % d'entre elles, dans l'indice de référence... Pour réaliser ses bons résultats, le fonds a effectivement ouvert son univers d'investissement, intégrant des petites et moyennes valeurs - dont la capitalisation est comprise entre 500 millions d'euros et cinq milliards d'euros. De fait, FF Nordic Fund dispose d'un ensemble de 350 sociétés contre 80 pour l'indice. " Il est vrai que les vingt plus fortes pondérations de l'indice représentent 55 % de sa capitalisation boursière, justifie Bertrand Puiffe, ce qui limite nettement les possibilités de le battre."

Pour autant, le gérant qui, en moyenne, " visite" près de deux cents sociétés dans l'année, s'est montré soucieux de ne pas lier sa liberté dans le choix de valeurs avec un risque accrû. " Dans le cahier des charges du fond, précise-t-il, sa volatilité ne peut dépasser celle de sa référence. Aujourd'hui, elle est même inférieure de l'ordre de 100 points de base tandis que sa tracking error est passée de 3 à 6." Ainsi, en dépit de " la recherche d'alpha" de ce fonds, la pondération maximum pour chaque valeur au sein du portefeuille ne peut excéder 5%. En outre, le gérant établit régulièrement un scoring constitué d'un ensemble de critères d'analyse financiers (pricing power, critères de momentum; situations spéciales, etc) qui, appliqué à chaque société, va lui permettre de définir la pondération de chaque valeur dans le fonds. De plus, la contribution au risque total du portefeuille de chaque société dans le fonds ne peut excéder 5%.

Au final, la liberté du gérant est également visible dans l'allocation géographique résultant de son " stock picking" . Tandis que l'indice est composé à 50 % de valeurs suédoises, 21 % de valeurs danoises, 17 % de valeurs norvégiennes et 12,5 % de valeurs islandaises, le fonds sous-pondère la Suède (38 %) et la Finlande (9,7 %), maintient le Danemark au même niveau et surpondère la Norvège (26 %).

Les parts du fonds sont libellées en couronnes suédoises, ce qui, selon Bertrand Puiffe, constitue un élément intéressant, les autorités financières suédoises ayant tendance à " piloter" leurs devises à la hausse ou à la baisse en fonction de leurs exportations. " Et à ce jeu, précise Bertrand Puiffe, lorsque la couronne suédoise baisse, elle provoque une hausse nettement supérieure des valeurs exportatrices, ce qui est largement profitable aux fonds."

Compte tenu des récents résultats du fonds et des sécurités attachées à sa gestion, Fidelity vante désormais les mérites de son OPCVM auprès de l'ensemble de sa clientèle. Les particuliers tout d'abord, le fonds étant éligible au plan d'épargne en actions, mais également les investisseurs institutionnels. A ce titre, le fonds affiche un encours de 2 milliards de couronnes suédoises (235 millions euros), mais son gérant compte faire progresser rapidement sa taille et même offrir à terme une part libellée en euros.

Reste à convaincre les investisseurs institutionnels de s'intéresser à cette zone en Europe. Sur ce point, le gérant est catégorique : " l'Europe du nord dispose d'un net avantage par rapport aux autres pays du Vieux Continent, celui d'avoir connu dans les années 90 l'explosion d'une bulle immobilière et la faillite de banques. Depuis, ces pays ont une gestion très rigoureuse. Leurs banques sont surcapitalisées et leurs grandes entreprises sont très exposées aux marchés émergents et peu à l'Europe du sud. Enfin, la Norvège profite d'une véritable manne pétrolière. Autant d'éléments qui rendent peu probables les risques de contagion de la crise européenne à cette région..." , conclut Bertrand Puiffe.

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