Fidel Castro, père de la Révolution cubaine, est mort à 90 ans

le , mis à jour à 08:51
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 (Actualisé avec précisions) 
    LA HAVANE, 26 novembre (Reuters) - Le père de la révolution 
cubaine, Fidel Castro, est mort vendredi à l'âge de 90 ans, a 
annoncé son frère Raul à la télévision cubaine. 
    Raul Castro, qui a succédé à Fidel Castro en 2006, a fait 
savoir que le corps de l'ancien dirigeant serait incinéré ce 
samedi, conformément à ses voeux. 
    "Ce soir, à 10h29, le commandant en chef de la révolution 
cubaine, Fidel Castro Ruz, est mort", a déclaré Raul Castro, 
vêtu de l'uniforme vert-olive popularisé par son frère lorsqu'il 
dirigeait l'île communiste. 
    "Jusqu'à la victoire, toujours", a-t-il conclu, reprenant 
les morts si souvent prononcés par Fidel Castro. 
    Arrivé au pouvoir en 1959, l'ancien avocat a dirigé Cuba 
d'une main de fer pendant près de cinq décennies et a pris une 
place centrale au cours de la Guerre froide. 
    Diabolisé par les Etats-Unis et leurs alliés, Fidel Castro 
n'en a pas moins suscité l'admiration de millions de militants 
et dirigeants de gauche, en Afrique et en Amérique latine, 
notamment, où plusieurs dirigeants se revendiquent de son 
héritage. 
    Considéré comme une menace pour le monde libre, le régime 
communiste cubain a nargué des années durant les Etats-Unis, 
symboles du capitalisme occidental et distants d'à peine 150 
kilomètres et a vu passer neuf présidents se succéder à la 
Maison blanche. 
    Malgré les efforts déployés par les Etats-Unis, la CIA et 
les anticastristes, c'est la maladie qui a fini par vaincre "El 
Comandante", qui a passé le relais du pouvoir à son frère, Raul, 
à titre provisoire en 2006, définitivement en 2008. 
    Si Raul a toujours glorifié son frère et son oeuvre, il a 
parallèlement oeuvré pour ouvrir l'île communiste par une 
politique de petits pas, introduisant des réformes économiques 
et surtout, en rétablissant les relations diplomatiques avec 
Washington en 2014. 
    Fidel Castro est resté discret sur le rapprochement opéré 
par son frère et il n'a pas rencontré Barack Obama lorsque ce 
dernier s'est rendu à Cuba en mars dernier, une première pour un 
président américain depuis 1928. 
    Il a en revanche dénoncé quelques semaines plus tard 
l'attitude "mielleuse" de Barack Obama, rappelant aux Cubains 
les efforts déployés des décennies durant par les Etats-Unis 
pour renverser le régime de La Havane. 
    Reclus, Fidel Castro n'exerçait ces derniers années plus 
aucune fonction, se contentant de publier dans la presse des 
commentaires évoquant les affaires du monde ou de rencontrer des 
dirigeants étrangers. 
    Sa mort, qui aurait autrefois provoqué d'intenses 
interrogations sur l'avenir de l'île, ne devrait pas susciter la 
moindre difficulté dans l'immédiat, tant l'assise de son frère 
Raul semble solide. 
    Âgé de 85 ans, ce dernier a promis de se retirer au terme de 
son mandat, en 2018, et le Parti communiste cubain a promu au 
Politburo une nouvelle génération de dirigeants, dont Miguel 
Diaz-Canel, premier vice-président en poste et héritier présumé. 
    "Je ne pense pas que la mort de Fidel soit un véritable 
test. Le vrai test sera la transmission du témoin à la 
génération suivante et ce qui se passera quand Raul se 
retirera", estimait Phil Peters, du Lexington Institute, en  
Virginie, avant la mort de Fidel Castro. 
     
    Voir aussi: 
    * PORTRAIT-Fidel Castro, révolutionnaire du XXe siècle 
  
    * ENCADRE-Les faits marquants de la vie de Fidel Castro 
  
    * CHRONOLOGIE - Les années Castro   
 
 (Daniel Trotta et Marc Frank; Julie Carriat et Nicolas Delame 
pour le service français) 
 
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