Fidel Castro : mort du dernier des communistes

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Fidel Castro en janvier 2006. Quelques mois plus tard, terrassé par le cancer, le leader doit passer la main.
Fidel Castro en janvier 2006. Quelques mois plus tard, terrassé par le cancer, le leader doit passer la main.

Sans lui, la scène mondiale va paraître singulièrement pasteurisée. Sa dégaine de vieux barbudo en treillis vert olive, ses coups de gueule légendaires et sa manière unique de se prendre pour le phare de la révolution mondiale en avaient fait un monument. Pour un peu, on en oublierait qu'en soixante ans de pouvoir absolu Fidel Alejandro Castro Ruz aura aussi été l'ultime dictateur d'Amérique latine et le fossoyeur de la dernière utopie du siècle. Pour ceux qui avaient cru en lui, il y a bien longtemps que l'autre Fidel, celui qui avait donné aux Cubains leur indépendance et leur dignité, était mort.

Le cancer aura mis des années à l'emporter, mais c'est la propagande cubaine qui l'a enterré avant l'heure, dès 2006, lors d'une apparition spectrale à la télévision. C'était le 28?octobre, trois mois après l'hémorragie digestive qui faillit lui être fatale à la veille de son 80e anniversaire. Dans une vidéo de 6?minutes, on vit apparaître Fidel Castro en vieillard méconnaissable, amaigri de 20?kilos, le regard presque halluciné au milieu d'un visage creusé par la maladie. Ce jour-là, après un demi-siècle d'aventure politique, celui que les Cubains avaient successivement surnommé avec un mélange de crainte et de respect El Hombre (l'Homme), El Caballo (le Cheval), puis El Viejo (le Vieux) n'était qu'un mort-vivant.

Brejnev des Caraïbes

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