Ficher positif : « Il s'agit d'éviter le crédit de trop »

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(lerevenu.com) - Vous avez obtenu l'inscription dans la loi de la création d'un fichier des crédits. Peut-on en attendre une baisse du nombre de dossiers de surendettement ?
Jean-Louis Kiehl - L'absence de fichier positif en France est une anomalie et la création d'un registre national des crédits permettra, sans aucun doute, de mieux maîtriser le surendettement en France. C'est un véritable fléau économique et social, avec un dossier déposé toutes les deux minutes et un montant moyen d'encours de 36.000 euros. Il s'agit d'éviter le crédit de trop, mais aussi de permettre le développement du crédit vers des populations aujourd'hui exclues.

N'est-ce pas une victoire en demi-teinte car ce fichier ne recensera pas tous les crédits, pas les crédits immobiliers, ni les crédits renouvelables ouverts mais non tirés ?
Compte tenu des oppositions très fortes de certaines banques, les pouvoirs publics ont limité le fichier des crédits aux seuls crédits à la consommation. Néanmoins, comme le poids dans le budget d'un crédit immobilier est équivalent à celui d'un loyer, le banquier prêteur pourra aisément reconstituer la capacité réelle de remboursement d'un ménage, tout en intégrant dans le calcul de solvabilité l'ensemble des crédits à la consommation en cours.

Pourra-t-on remédier à ces lacunes par de nouveaux textes ?
A nos yeux, il s'agit d'une première étape et je suis convaincu que par la suite, le législateur étendra le registre à l'ensemble des crédits et, cette fois-ci, à la demande de l'ensemble des acteurs économiques. Car il ne faut jamais oublier que le registre des crédits reste un outil d'aide à la décision et ne remplace pas le dialogue avec l'emprunteur. C'est un progrès considérable !

Propos recueillis par Aline Fauvarque

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