Fiat met en veilleuse ses investissements européens

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FIAT MET EN VEILLEUSE SES INVESTISSEMENTS EUROPÉENS
FIAT MET EN VEILLEUSE SES INVESTISSEMENTS EUROPÉENS

par Paola Arosio et Jennifer Clark

ROME (Reuters) - Fiat a décidé de mettre en veilleuse ses projets d'investissement en Europe en attendant des jours meilleurs et ne fera donc pas le mois prochain des annonces très attendues sur le sujet, a-t-on appris lundi auprès de deux sources.

L'administrateur délégué du groupe italien, Sergio Marchionne, qui dirige aussi la filiale américaine Chrysler, a rencontré samedi le président du Conseil, Mario Monti, à la suite d'inquiétudes sur une possible délocalisation de la production hors d'Italie, où les ventes de voitures sont à leur plus bas depuis 40 ans.

Selon un communiqué commun publié après cinq heures de discussions, le constructeur automobile turinois s'est engagé à ne fermer aucune usine en Italie et à renforcer ses exportations hors d'Europe, ce qui laisse entendre qu'il pourrait assembler en Italie des voitures destinées au marché américain, où les ventes de Chrysler ont été exceptionnellement fortes en 2012.

De nouvelles réunions sont prévues, au niveau ministériel, pour mettre cette stratégie au point, mais en revanche la présentation sur les projets d'investissement prévue le 30 octobre n'aura pas lieu.

"Il n'y aura pas de plan (d'investissement) le 30 octobre", a dit une des sources. "Les programmes et les investissements seront annoncés quand les conditions le permettront -plus tard, à une date qui reste à déterminer".

Fiat, premier employeur privé d'Italie avec plus de 20.000 salariés, s'est refusé à tout commentaire sur ces informations.

Le groupe pourrait actualiser ses objectifs 2012 le 30 octobre, selon une deuxième source, mais Sergio Marchionne les a réaffirmés lundi en ajoutant qu'il ne voyait pas de redressement du marché automobile européen avant au moins 2015.

"UN PRÉCIPICE SANS FOND"

"Le marché automobile européen est un désastre. Il est tombé dans un précipice sans fond et les perspectives sont tout sauf roses", a-t-il dit lors d'une conférence à Turin.

Mario Monti, de son côté, a fait savoir lundi que Fiat n'avait pas sollicité d'aide publique lors de la rencontre de samedi. "Une aide financière n'a pas été demandée et si cela avait le cas elle n'aurait pas été accordée", a-t-il dit à Rome.

Sergio Marchionne avait annoncé en 2010 un plan de 16 milliards d'euros d'investissements nouveaux en Italie sur cinq ans, mais seule une petite fraction a vu le jour et le groupe affirme qu'il n'est plus judicieux d'investir dans le contexte actuel.

Sergio Marchionne a chiffré la perte de Fiat en Europe à 700 millions d'euros, tout en promettant de ne fermer aucune usine dans la Péninsule.

"Nous sommes à un tournant, il faut choisir entre réduire les capacités de production et licencier des milliers d'employés (...) ou alors essayer d'utiliser notre savoir-faire et les technologies de nos usines pour pénétrer des marchés étrangers", a-t-il dit lundi.

Le groupe unifié Fiat-Chrysler réalise plus des deux tiers de ses bénéfices aux Etats-Unis.

L'idée d'une solution qui passerait par l'export ne convainc guère les analystes. Pour le broker italien Banca Akros, il paraît hasardeux de parier sur les exportations tout en retardant les investissements. Et pour Deutsche Bank, "il sera difficile de redresser l'activité de Fiat en Europe sans une réduction de capacités significative".

Véronique Tison pour le service français, édité par Marc Angrand

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