Fiat Chrysler mise sur Jeep et Alfa Romeo pour grandir

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FIAT CHRYSLER MISE SUR JEEP ET ALFA ROMEO POUR GRANDIR
FIAT CHRYSLER MISE SUR JEEP ET ALFA ROMEO POUR GRANDIR

par Agnieszka Flak et Bernie Woodall

DETROIT (Reuters) - Fiat Chrysler mise sur le développement à l'international de ses marques Alfa Romeo et Jeep pour atteindre son objectif de devenir un poids lourd mondial de l'automobile d'ici cinq ans.

Sergio Marchionne, le directeur général du groupe, a présenté mardi à Detroit sa stratégie ambitieuse visant à réduire l'écart avec les Volkswagen et autres Toyota.

"Aujourd'hui, c'est un plus que l'ouverture d'un nouveau chapitre. Nous écrivons un livre entier", a-t-il déclaré.

Le groupe va investir cinq milliards d'euros dans la marque Alfa Romeo pour sortir huit nouveaux modèles et augmenter la production, notamment en Italie, a annoncé Harald Wester, président de cette division. L'objectif est de multiplier par plus de cinq les ventes de la marque pour les porter à 400.000 unités.

"Nous voulons qu'Alfa Romeo soit comparable à ce que l'industrie automobile allemande peut offrir de mieux", a-t-il dit aux analystes et journalistes.

Jeep de son côté va plus que doubler sa production à 1,9 million de véhicules à l'horizon de 2018, dont près de la moitié seront assemblés hors des Etats-Unis.

Toutes les voitures Jeep sont pour l'instant produites aux Etats-Unis mais six nouveaux sites sont prévus en Asie, en Amérique latine et en Europe, appuyés par 1.300 nouvelles concessions, a déclaré Mike Manley, patron de la marque.

"Aujourd'hui nous sommes un acteur de niche car nous sommes uniquement une marque d'importation", a-t-il noté, ajoutant que la fusion de Fiat et de Chrysler et les investissements massifs prévus permettraient de surmonter cet écueil.

Les projets d'expansion concernent dans une moindre mesure Maserati, qui va bénéficier de plus de deux milliards d'euros d'investissements d'ici 2018 pour porter ses ventes à 75.000 véhicules d'ici 2018 contre 15.400 en 2013.

Pour l'ensemble du groupe, il vise près de 7 millions de véhicules vendus par an d'ici 2018 contre 4,4 millions l'année dernière.

"C'est un objectif élevé, mais je ne pense pas que l'on puisse attendre moins de la part de Sergio Marchionne en termes d'ambition", a commenté Stuart Pearson, analyste d'Exane BNP-Paribas.

"Et même s'il n'atteignait que les deux tiers de cet objectif, ce serait un véritable succès industriel, la question est davantage dans le camps des investisseurs et de leurs attentes et du prix qu'ils entendent donner à l'action."

Le titre Fiat a bondi de 44% depuis la prise de contrôle totale sur Chrysler, le 1er janvier, surperformant de très loin la hausse de 5,4% enregistrée sur la même période par l'indice sectoriel de S&P.

D'IMPORTANTS DÉFIS À RELEVER

La fusion de Fiat et de Chrysler finalisée en début d'année a donné naissance au septième constructeur mondial. Avec cette opération, Fiat entend réduire sa dépendance au marché européen et changer de dimension.

Mais les défis à relever sont nombreux.

Les analystes estiment que les projets de Fiat Chrysler supposent au moins huit milliards d'euros d'investissements par an, un fardeau important pour un groupe lesté par un endettement net de 9,8 milliards d'euros.

Les conditions de marché restent par ailleurs fragiles. En Europe, les ventes commencent seulement à remonter après six années de marasme tandis que la demande au Brésil, l'un des plus importants marchés émergents, donne des signes de faiblesse.

Sergio Marchionne n'a pas non plus le meilleur bilan qui soit: le patron de Fiat n'a pas atteint, loin de là, tous les objectifs qu'il a fixés depuis dix ans qu'il est à la tête du groupe, et Fiat a perdu des parts de marché en Europe.

"De tous les plans présentés jusqu'ici, Jeep est le plus intéressant et le plus tangible", juge George Galliers, analyste d'ISI Group présent à Detroit pour la présentation.

"Les opportunités sont clairement là, mais 1,9 million d'unités vendues c'est vraiment beaucoup", a-t-il ajouté. ISI Group a une prévision de 1,2 million d'unités pour les ventes de Jeep à l'horizon de 2018.

Pour cette année, Fiat Chrysler vise un million de Jeep vendues, contre 732.000 en 2013.

L'action Fiat Chrysler, en forte hausse ces dernières semaines dans l'attente du plan stratégique, a fini en baisse de 1,17% à la Bourse de Milan mardi, à 8,47 euros, à comparer à un recul de 0,93% pour l'indice du secteur automobile européen.

(Véronique Tison pour le service français, édité par Marc Angrand)

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