"Feu vert" pour le gouvernement d'union en Libye

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 (Actualisé, réaction de membres du DPL, précisions) 
    par Aidan Lewis 
    TUNIS, 13 mars (Reuters) - Le Conseil présidentiel libyen, 
basé à Tunis et soutenu par les Nations unies, a invité samedi 
les institutions libyennes à lancer le processus de transfert du 
pouvoir au nouveau gouvernement d'union et demandé à la 
communauté internationale de ne plus traiter qu'avec ce 
gouvernement. 
    La mission du Conseil présidentiel est de faciliter une 
transition politique pour mettre fin du chaos politique et au 
conflit armé dans lesquels la Libye est plongée depuis la chute 
de Mouammar Kadhafi en 2011. 
     Il doit faire face à l'opposition de tenants de la ligne 
dure des deux parlements concurrents - la Chambre des 
représentants dans l'est du pays, qui a été reconnue par la 
communauté internationale, et le Congrès général national (CGN) 
installé à Tripoli. 
    L'Occident espère qu'un gouvernement d'union permettra 
d'endiguer la menace djihadiste posée par l'Etat islamique (EI), 
qui a profité du vide politique pour prendre pied en Libye, 
s'emparant notamment de la ville de Syrte, l'ancien bastion de 
Kadhafi. 
    Le Conseil présidentiel avait annoncé le mois dernier une 
composition resserrée d'un gouvernement d'union, dans le cadre 
d'un plan élaboré en décembre par les Nations unies, mais la 
reconnaissance de ce gouvernement a été retardée par l'absence 
d'un vote de la Chambre de représentants.  ID:nL8N15U02T  
    On ignore quand le gouvernement d'union pourra s'installer à 
Tripoli, où la sécurité est toujours précaire en raison de la 
présence de milices armées. 
    Dans son communiqué, le Conseil présidentiel précise que la 
majorité des membres de la Chambre des représentants de Tobrouk 
ont signé un document pour  apporter leur soutien au 
gouvernement d'union. 
     
    "CONFUSION" 
    Cet accord, ainsi que celui donné par d'autres personnalités 
politiques, "est un feu vert pour commencer le travail", 
précise-t-il. 
    Le Conseil présidentiel "appelle la communauté 
internationale et les organisations régionales et 
internationales (...) à arrêter de traiter avec toute autorité 
qui ne relèverait pas du gouvernement d'accord national". 
    Selon le plan parrainé par l'Onu, le Conseil présidentiel 
doit être la plus haute institution de l'Etat libyen, et la 
Chambre des représentants le principal organe législatif, avec 
une seconde chambre issue du CGN. 
    Les travaux du Conseil présidentiel ont donné lieu ces 
dernières semaines à plusieurs passes d'armes, signes des 
profondes divisions de la société libyenne. Deux de ses neuf 
membres ont ainsi suspendu leur participation aux réunions et 
ont refusé par deux fois d'approuver la liste des ministres. 
    La semaine dernière, après un nouveau refus du parlement de 
Tobrouk de se prononcer sur le gouvernement proposé, l'émissaire 
de l'Onu, Martin Kobler, a convoqué les membres du Dialogue 
politique libyen (DPL), le groupe qui a signé l'accord de 
décembre dernier. 
    Jeudi, le DPL a exhorté le Conseil présidentiel à "prendre 
toutes les mesures nécessaires pour commencer à travailler 
rapidement à Tripoli, la capitale". 
    Mais après le communiqué du Conseil diffusé samedi, dix 
membres du DPL ont estimé que ce texte reposait sur une "fausse 
interprétation" et une "confusion", soulignant que le 
gouvernement d'union devait être approuvé par la Chambre des 
représentants, qui devait aussi adopter un amendement 
constitutionnel pour avaliser l'accord soutenu par l'Onu. 
 
 (Benoît Van Overstraeten et Guy Kerivel pour le service 
français) 
 
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