Feu vert pour l'extradition de Yoo Somena, qui va en cassation

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PARIS, 7 janvier (Reuters) - La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a donné un avis favorable mercredi à l'extradition vers la Corée du Sud de Yoo Somena, dont la famille détient des parts de l'opérateur du ferry qui a fait naufrage le 16 avril. Yoo Somena va toutefois se pourvoir en cassation, a précisé son avocate, Me Rachel Lindon. "Nous allons exercer tous les recours possibles, y compris au niveau européen", a-t-elle dit à Reuters. Yoo Somena est accusée de cinq faits de détournement de fonds via une compagnie de design qu'elle dirige, pour un peu plus de six millions d'euros. La Corée du Sud soupçonne des détournements commis par elle et plusieurs membres de la famille Yoo, à qui appartient l'opérateur du ferry et une myriade de sociétés, d'être à l'origine de négligences ayant contribué au naufrage. La cour d'appel de Paris avait demandé à Séoul de lui donner des précisions sur la peine encourue par la jeune femme de 47 ans, incarcérée depuis le 28 mai à Fresnes (Val-de-Marne), près de Paris, et le détail des délits qui lui sont reprochés. Séoul avait alors fait savoir que la peine encourue, 45 ans de réclusion, pouvait être accompagnée de travaux, à savoir le nettoyage de l'intérieur de la prison. Mais, avaient précisé les autorités, Yoo Somena pourrait refuser d'effectuer ces travaux si elle y était condamnée, et son éventuelle condamnation serait plutôt de l'ordre de trois ans. "Les choses demeurent peu claires", avait estimé Me Rachel Lindon lors d'une audience le 17 décembre dernier. "Ce sont des liens de sang qui sont à l'origine de cette affaire", avait-elle ajouté. Les avocats de la jeune femme estiment que rien dans l'enquête menée "à la va-vite" en Corée du Sud par une équipe spéciale ne permet d'établir un lien entre elle et le Sewol. Leur cliente est victime d'un "lynchage médiatique", comme tous les membres de la famille Yoo, estiment-ils. Le 16 avril dernier, le naufrage du Sewol a coûté la vie à plus de 300 passagers dont de nombreux enfants, une tragédie qui a mis tout le pays en émoi. Juste après la catastrophe, les autorités ont mené une véritable chasse à l'homme à l'encontre de son père, Yoo Byung-un, 73 ans, retrouvé mort en juin. Le capitaine du Sewol a été condamné début novembre à 36 ans de réclusion pour négligence par un tribunal de Gwangju, dans le sud du pays et le directeur général de Chonghaejin Marine, la compagnie maritime sud-coréenne exploitant le Sewol, a été condamné le 20 novembre à dix ans de prison. Il a présenté ses excuses aux familles des victimes mais, selon la presse locale, il a fait valoir qu'il n'était qu'un simple salarié et que les décisions ayant mené à la catastrophe avaient été prises par le propriétaire de fait de la société, Yoo Byung-un. ID:nL6N0TA1BZ (Gérard Bon, avec Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)

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