Feu vert du sénat argentin à l'accord sur la dette

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 (Actualisé avec des précisions) 
    par Hugh Bronstein et Maximiliano Rizzi 
    BUENOS AIRES, 31 mars (Reuters) - Le sénat argentin a 
entériné jeudi aux toutes premières heures de la matinée 
l'accord sur la dette extérieure, une quinzaine de jours après 
le blanc-seing des députés, mettant ainsi fin à 14 années de 
contentieux qui avaient éloigné le pays des marchés financiers 
internationaux. 
    Cet accord est une pièce maîtresse des mesures de réforme 
engagées par le nouveau président Mauricio Macri pour redresser 
une économie accablée par un investissement anémique, une 
inflation forte et la situation précaire des réserves de la 
banque centrale. 
    Les sénateurs ont voté "oui" par 54 voix contre 16, un 
scrutin qui a dépassé les clivages partisans au terme de 14 
heures de débats prolongés au-delà de minuit.  
    Les gouverneurs des provinces étranglées financièrement 
avaient mis tout leur poids dans la balance pour faire passer un 
texte vital à leurs yeux. Il ne reste plus au président argentin 
qu'à contresigner l'accord pour qu'il prenne force de loi. 
    "Ce que nous faisons, c'est résoudre la question de la 
dette; nous n'augmentons pas la dette, nous mettons le point 
final à une question judiciaire", a déclaré Miguel Pichetto, 
chef de file du parti d'opposition Front pour la Victoire au 
Sénat, qui a voté pour l'accord en dépit de la fronde de 
certains membres de son propre parti. 
    L'Argentine n'a plus accès au marché des capitaux 
internationaux depuis 2002, année où elle fit défaut sur 100 
milliards de dollars de dette souveraine. Elle a besoin de 
financements internationaux pour combler un important déficit 
budgétaire, améliorer ses infrastructures et regagner la 
confiance des investisseurs. 
    Un tribunal américain avait ordonné à l'Argentine de passer 
un compromis avec des fonds spéculatifs qui avaient refusé de 
participer aux restructurations de la dette publique argentine 
de 2005 et de 2010.  
    La chose étant faite, l'Argentine peut maintenant prétendre 
revenir sur le marché obligataire mondial où elle pourrait 
emprunter à hauteur de  12,5 milliards de dollars.  
    L'Argentine a jusqu'au 14 avril pour verser 4,65 milliards 
de dollars (4,11 milliards d'euros) aux fonds réfractaires. Des 
fonds plus petits sont devenus partie au procès intenté par ces 
"hedge funds" au fil des années et le montant définitif du 
règlement du contentieux n'est pas encore fixé.  
    Les recours instruits par des tribunaux américains 
pourraient aboutir à repousser la date limite du 14 avril sans 
pour autant remettre en cause la procédure. 
 
 (Avec Sarah Marsh et Gabriel Burin,; Wilfrid Exbrayat pour le 
service français, édité par Benoît Van Overstraeten) 
 
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