Feu vert du conseil d'Etat au chantier de la Samaritaine

le , mis à jour à 15:13
1
LE PERMIS DE CONSTRUIRE DE LA SAMARITAINE EST LÉGAL
LE PERMIS DE CONSTRUIRE DE LA SAMARITAINE EST LÉGAL

PARIS (Reuters) - Le Conseil d'Etat a validé vendredi un des permis de construire de la Samaritaine, propriété du groupe LVMH, donnant le feu vert au démarrage du chantier de rénovation de l'ancien grand magasin parisien.

Cette décision, définitive, va permettre au groupe de luxe de lancer la vaste reconstruction de l'ensemble immobilier, bloquée depuis deux ans et demi par l'opposition d'associations pour qui le projet s'insère mal dans le paysage urbain environnant.

Les travaux, dont le coût total est estimé par LVMH à 460 millions d'euros, devraient débuter dans les semaines à venir et durer environ trois ans.

La direction de la Samaritaine ainsi que la mairie de Paris ont salué cette décision, qui devrait selon le groupe permettre de créer plus de 2.200 emplois directs.

Le Conseil d'Etat avait été saisi après confirmation par la cour administrative d'appel de Paris, début janvier, de l'annulation de ce permis concernant les bâtiments situés sur la rue de Rivoli. Son rapporteur public s'était prononcé début juin pour la validation de ce permis de construire.

Après la validation par la justice d'un premier permis concernant les bâtiments donnant sur la Seine, en avril 2014, un deuxième permis, du côté de la rue de Rivoli a cristallisé l'opposition des associations.

PROJET "DISSONANT"

La SPPEF (Société pour la protection des paysages et de l'esthétique de la France) et SOS Paris estiment que le projet signé par l'agence japonaise d'architecture Sanaa, qui prévoit d'orner la façade du bâtiment d'un verre sérigraphié, ne respecte pas les prescriptions du plan local d'urbanisme et apparaît "dissonant" par rapport aux bâtiments de style haussmannien de la rue.

Dans sa décision, le Conseil d'Etat estime que le projet, en particulier la façade en verre ondulé prévue rue de Rivoli, respecte les règles du plan local d'urbanisme sur l'intégration des constructions nouvelles dans le tissu urbain existant.

Le célèbre grand magasin, partie d'un vaste ensemble de quatre bâtiments entre la Seine et la rue de Rivoli, avait été racheté en 2000 par le groupe LVMH et fermé en 2005 pour des raisons de sécurité.

LVMH avait obtenu le feu vert de la ville de Paris pour la reconstruction en décembre 2012 après avoir revu sa copie, la mairie ayant jugé insuffisant le nombre de logements sociaux du projet initial.

L'ensemble, qui s'étend sur 70.000 mètres carrés, doit regrouper un palace, des commerces, des bureaux, 96 logements sociaux et une crèche de 60 berceaux.

Sur la Seine, dans le bâtiment classé datant des années 1925, un hôtel très haut de gamme doit ouvrir sous la marque "Cheval Blanc", comme ceux que LVMH détient à Courchevel et aux îles Maldives.

A l'arrière, les bâtiments 1900 doivent être restaurés pour accueillir des commerces et des bureaux. Les logements sociaux doivent être construits dans les immeubles datant du XVIIe siècle accolés à l'ensemble.

La seule grande modification architecturale concerne la façade donnant sur la rue de Rivoli pour laquelle l'agence Sanaa a donc imaginé un verre ondulant de 25 mètres de haut et de 73 mètres de long laissant deviner des étages de bureaux.

(Pascale Denis et Chine Labbé, avec la contribution de Grégory Blachier, édité par Jean-Michel Bélot)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • lorant21 le vendredi 19 juin 2015 à 15:56

    en attendant la prochaine intervention d'une association quelconque...