Feu vert des députés britanniques à des frappes en Syrie

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    * Les frappes approuvées par 397 voix pour, 223 contre 
    * David Cameron dit que l'Etat islamique menace la 
Grande-Bretagne 
    * L'opposition travailliste n'a pas donné de consignes de 
vote 
 
 (Actualisé avec vote favorable de la Chambre des communes, 
déclarations, contexte) 
    par Elizabeth Piper et Kylie MacLellan 
    LONDRES, 2 décembre (Reuters) - Les députés britanniques ont 
donné mercredi leur accord à des frappes aériennes en Syrie 
contre l'organisation Etat islamique (EI), autorisant ainsi le 
Premier ministre David Cameron à lancer la Grande-Bretagne aux 
côtés des Etats-Unis et de la France dans leur campagne de 
bombardements. 
    Après plus de 10 heures d'un débat tendu, des élus de 
l'opposition travailliste se sont joints à la majorité 
conservatrice et la Chambre des communes a approuvé ces frappes 
aériennes en Syrie par 397 voix pour et 223 contre. 
    Des bombardiers Tornado GR4 pourraient désormais décoller 
d'ici quelques heures d'une base aérienne britannique à Chypre 
pour aller frapper en Syrie des djihadistes que la 
Grande-Bretagne bombarde déjà depuis plus d'un an en Irak. 
    "La Grande-Bretagne est plus en sécurité ce soir en raison 
de la décision prise par la Chambre des communes", a réagi le 
secrétaire au Foreign Office, Philip Hammond, à l'antenne de Sky 
News. 
    Une partie des électeurs britanniques redoute toutefois les 
conséquences d'un nouvel engagement militaire au Proche-Orient. 
Certains voient les interventions auxquelles la Grande-Bretagne 
a participé en Irak et en Libye comme des échecs ayant contribué 
à semer le chaos dans la région et à favoriser l'émergence de 
l'organisation Etat islamique. 
    Les attentats revendiqués par l'EI qui ont fait 130 morts le 
13 novembre à Paris et à Saint-Denis semblent néanmoins avoir 
convaincu certains élus réticents, notamment du côté 
travailliste. 
    Dans son discours devant les Communes avant le vote, David 
Cameron a déclaré qu'une action militaire ne pourrait à elle 
seule mettre un terme à quatre ans de guerre civile en Syrie 
mais que des frappes aériennes permettraient néanmoins 
d'"affaiblir" l'Etat islamique, qui a profité du conflit pour 
s'implanter dans ce pays. 
     
    AU TOUR DU PARLEMENT ALLEMAND 
    "Ces terroristes conspirent pour nous tuer et pour 
radicaliser nos enfants. Ils nous attaquent pour ce que nous 
sommes, pas pour ce que nous faisons", a-t-il dit en ouverture 
des débats dans une Chambre des Communes bondée. 
    "La question est la suivante: collaborons-nous avec nos 
alliés pour affaiblir et détruire cette menace et allons-nous 
pourchasser ces terroristes dans leurs fiefs, d'où ils 
conspirent pour tuer des Britanniques, ou restons-nous bras 
croisés à attendre qu'ils nous attaquent?", a-t-il poursuivi. 
    Le président américain Barack Obama a salué le vote des 
parlementaires britanniques. 
    La parlement allemand devrait à son tour voter vendredi en 
faveur d'une participation à la campagne militaire contre l'EI 
même si l'Allemagne devrait simplement fournir un appui aux 
frappes aériennes sans y prendre part directement. 
    La Russie est elle aussi engagée depuis le 30 septembre dans 
une campagne de bombardements aériens en Syrie en appui au 
président Bachar al Assad, même si des responsables occidentaux 
et des observateurs du conflit lui reprochent de frapper 
essentiellement d'autres rebelles que ceux de l'EI. 
    Si ce vote britannique renforce la position de David 
Cameron, auquel les Communes avaient infligé un camouflet en 
2013 en lui refusant des frappes aériennes contre les forces 
d'Assad, il constitue en revanche un revers pour le nouveau chef 
de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn. 
    Bien qu'il conteste l'efficacité de telles frappes aériennes 
et qu'il en dénonce les effets sur la population civile, le chef 
du Labour a laissé les élus travaillistes voter selon leur 
conscience pour éviter une fronde. 
    Même des déclarations attribuées à David Cameron et jugées 
"indignes" par le Labour ne lui ont pas porté secours. D'après 
les médias britanniques, le Premier ministre a exhorté mardi les 
élus conservateurs à soutenir le déclenchement de frappes en 
Syrie plutôt que de s'allier à "Jeremy Corbyn et à une bande de 
sympathisants du terrorisme". 
 
 (avec William James, William Schomberg et Stephen Addison; 
Bertrand Boucey pour le service français) 
 
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