Feu vert de la banque d'Italie au sauvetage de Monte Paschi

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par Gavin Jones et Silvia Aloisi

ROME/MILAN (Reuters) - La banque centrale italienne a donné son accord samedi à l'octroi de prêts publics d'un montant total de 3,9 milliards d'euros sollicités par la banque en difficulté Monte dei Paschi di Siena pour son sauvetage.

Le feu vert de la Banque d'Italie était la dernière étape nécessaire pour débloquer les fonds demandés.

Troisième banque italienne, Monte dei Paschi, en difficultés depuis plusieurs années, a révélé cette semaine avoir perdu de l'argent dans des transactions risquées sur produits dérivés effectuées en 2008-2009. La perte pourrait se monter à 720 millions d'euros.

A l'issue d'une réunion qui a duré une grande partie de la journée, la banque centrale a publié un bref communiqué pour dire que son conseil d'administration avait donné "une opinion favorable" au sauvetage de la banque, sans autre précision.

Selon le schéma prévu, la banque toscane va émettre pour 3,9 milliards d'euros d'obligations qui seront souscrites par le Trésor italien. Un peu moins de la moitié de ce montant remplacera 1,9 milliard d'euros d'aides d'Etat existantes.

Monte Paschi a été contrainte de solliciter l'aide de l'Etat l'an dernier pour la deuxième fois depuis 2009, après s'être révélée l'une des quatre banques européennes n'ayant pas pu se mettre en conformité avec les normes de solvabilité plus strictes requises par les autorités de régulation.

Monte Paschi versera un coupon élevé de 9% sur les obligations, qui valent plus que sa capitalisation boursière (trois milliards d'euros). Le coupon augmentera de 0,5 point de pourcentage tous les deux ans et ne pourra dépasser 15%.

"UN PRÊT A TAUX ÉLEVÉ"

Lors d'une assemblée générale houleuse vendredi au siège de Monte Paschi à Sienne, les actionnaires ont approuvé le principe de deux augmentations de capital de 6,5 milliards d'euros qui pourront être lancées en cas de besoin d'ici cinq ans. Ce vote était une des conditions au sauvetage public de la banque.

La nouvelle direction de la banque, nommée l'an dernier pour la redresser, a déclaré vendredi que la question était "totalement sous contrôle".

Si la banque ne peut rembourser les obligations souscrites, elle devra émettre des actions pour le Trésor, ce qui soulève la possibilité d'une nationalisation.

Le président du Conseil italien, Mario Monti, a déclaré vendredi soir que la nationalisation était selon lui "une hypothèse lointaine". Il a défendu la décision de son gouvernement de sauver la banque en soulignant que les sommes constituaient "un prêt à taux d'intérêt élevé".

Selon le quotidien italien Il Sole 24 Ore de samedi, les commissaires aux comptes de Monte Paschi avaient déjà détecté des anomalies au sein du département responsable des transactions sur dérivés il y a trois ans.

Monte Paschi fait déjà l'objet d'une enquête à propos de l'acquisition en 2007 de la banque Antonveneta à l'espagnol Santander pour neuf milliards d'euros.

Santander avait acquis Antonveneta pour 6,6 milliards d'euros lors du démantèlement du groupe bancaire néerlandais ABN Amro et l'avait presqu'immédiatement revendue à Monte Paschi, réalisant au passage une forte plus-value.

Le scandale Monte Paschi s'est invitée dans la campagne pour les élections parlementaires des 24 et 25 février. Certains hommes politiques ont critiqué la Banque d'Italie, dirigée à l'époque par l'actuel président de la Banque centrale européenne Mario Draghi, de ne pas avoir repérés les transactions risquées.

Danielle Rouquié pour le service français

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