Feu vert de l'UE à l'adoption de l'euro en Lettonie

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LA LETTONIE ADOPTERA L'EURO LE 1ER JANVIER
LA LETTONIE ADOPTERA L'EURO LE 1ER JANVIER

par Martin Santa et Robin Emmott

BRUXELLES (Reuters) - Les ministres des Finances de l'Union européenne ont donné leur feu vert mardi à l'adoption de l'euro en Lettonie, où la monnaie unique entrera en service le 1er janvier 2014.

Le taux de change a été fixé à 0,702804 lat pour un euro.

"Les billets et les pièces libellés en euro seront en circulation en Lettonie au 1er janvier 2014", déclarent les Vingt-huit dans un communiqué.

La Lettonie sera le deuxième pays balte à entrer dans la zone euro après l'Estonie, devenue membre le 1er janvier 2011. La Lituanie pourrait suivre en 2015.

"Nous achevons notre intégration européenne. Nous avons confiance en l'Europe et en l'euro", a assuré le ministre des Finances, Andris Vilks.

Cette intégration vient couronner la reprise d'une économie qui, après plusieurs années difficiles et un plan d'austérité draconien, affiche une croissance parmi les plus élevées de la zone et un endettement moins important que beaucoup d'Etats membres.

Ce redressement est cité en exemple pour les pays du Sud tels que la Grèce ou le Portugal, en proie à la récession et au creusement de leur dette publique. Avec 40% du PIB, celle de la Lettonie et de moitié inférieure à la moyenne de la zone euro.

Le pays reste toutefois l'un des plus pauvres de l'UE avec la Bulgarie et la Roumanie, bien qu'il ait enregistré la plus forte croissance de la région au dernier trimestre 2012, avec 5,1% en rythme annuel.

Parmi ses faiblesses, le chômage touche 14% de la population active et le déséquilibre des compétences dû à cinquante ans de gestion soviétique, à la fuite des cerveaux et un à système d'éducation obsolète continue à peser sur l'économie.

La Lettonie est le pays de l'UE qui investit le moins dans l'enseignement supérieur. Aucune de ses universités n'est classée parmi les 500 meilleures au monde.

LES LETTONS DUBITATIFS

Riga a par ailleurs choisi pendant la crise de ne pas recourir à une dévaluation de sa monnaie, le lat, qui aurait mis fin à sa parité avec l'euro, ce qui met la Lettonie en accord avec l'Allemagne, peu favorable aux leviers monétaires.

La zone euro, dont la survie est restée incertaine jusqu'à ce que la Banque centrale européenne (BCE) promette de faire le nécessaire il y a un an, n'a toujours pas de dispositif commun pour assurer la stabilité de la monnaie unique.

"Nous ne sommes pas sortis de la crise. Non seulement l'euro doit être stabilisé dans certains secteurs, mais il faut générer de la croissance", a souligné Maria Fekter, ministre autrichienne des Finances, s'adressant à la presse avant l'adoption de la candidature lettone.

Plus de vingt ans après le lancement du processus de création de l'euro, la France et l'Allemagne, premières puissances économiques du groupe, ne sont en outre pas venues à bout de leurs divergences. Berlin prône la création d'instances supranationales garantes de l'orthodoxie budgétaire, tandis que Paris souhaite mutualiser les dettes et les budgets.

Ces divergences et la crise qui éclaté il y a quatre ans en Grèce n'ont guère suscité d'engouement pour l'euro en Lettonie, où une majorité se dit hostile à son adoption.

Le nombre de ses partisans "augmente chaque mois", assure toutefois le ministre des Finances. "S'il y avait moins d'informations inquiétantes dans la zone euro, il y aurait aussi davantage de soutien de la part de notre opinion", ajoute-t-il.

Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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