Feu vert aux USA à la commercialisation du "Viagra féminin"

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WASHINGTON, 19 août (Reuters) - Les autorités sanitaires américaines ont approuvé mardi la commercialisation d'un traitement contre les troubles du désir sexuel chez la femme, avec un avertissement sur les effets potentiellement dangereux de ce médicament en cas de prise accompagnée d'alcool. La Food and Drug Administration (FDA) souligne en outre que ce traitement, la flibansérine, qui sera commercialisée sous la marque Addyi par le laboratoire Sprout Pharmaceuticals, ne pourra être délivré que par des professionnels assermentés du secteur de la santé ou des pharmacies. Des médias ont baptisé ce traitement le "Viagra féminin" même s'il n'agit pas de la même manière que les pilules vendues depuis 1998 par Pfizer PFE.N pour traiter les troubles de l'érection chez l'homme. Initialement développée par le laboratoire allemand Boehringer-Ingelheim dans le cadre de recherches sur le traitement de la dépression, la flibansérine agit sur le cerveau alors que le Viagra stimule l'afflux de sang vers les parties génitales. Ce traitement qui doit être pris quotidiennement appartient ainsi à la classe des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS, ou SSRI en anglais), qui comprend les antidépresseurs comme le Prozac. La FDA a refusé en 2010 une première demande d'autorisation de mise sur le marché, un comité consultatif ayant conclu que les bénéfices du traitement étaient inférieurs aux risques associés à sa prise. Boehringer-Ingelheim a ensuite cédé la flibansérine au laboratoire Sprout, qui n'est pas coté en Bourse. Ce dernier a effectué de nouveaux tests et soumis une nouvelle demande à la FDA, qui a encore émis un refus en 2013. Cette décision a amené Sprout à mener campagne contre la FDA, avec l'appui d'associations féministes, en accusant les autorités sanitaires américaines de sexisme puisqu'elles avaient approuvé le Viagra. Les membres de la FDA ont vigoureusement rejeté ces accusations. La flibansérine est destinée aux femmes non ménopausées pour lesquelles le trouble du désir sexuel entraîne une souffrance psychologique. Les détracteurs de ce médicament jugent que le gain de libido montré par les essais cliniques est trop faible par rapport aux risques encourus, tels qu'une baisse de la pression artérielle, voire une syncope, en cas de consommation d'alcool durant la prise du traitement. (Toni Clarke; Bertrand Boucey pour le service français)


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