Feu vert à la prolongation des frappes françaises en Syrie

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    PARIS, 24 novembre (Reuters) - Les députés français ont 
massivement donné leur feu vert mercredi à la poursuite des 
frappes des forces aériennes françaises en Syrie pour "anéantir" 
l'Etat islamique, près de deux semaines après les attentats de 
Paris. 
    "Le 13 novembre a changé la donne, une riposte à la mesure 
de l'agression que nous avons subie s'est imposée", a déclaré le 
Premier ministre Manuel Valls à la tribune de l'Assemblée. "Il 
n'y a pas d'alternative, nous devons anéantir Daech." 
    Il a plaidé pour la poursuite et l'intensification des 
frappes et a été largement suivi, puisque le vote a été acquis 
par 515 voix contre quatre.        
    "Daech commence donc à reculer, c'est la preuve que cette 
organisation peut être vaincue et pour cela nous devons aller 
encore plus loin, plus fort parce que cette armée terroriste a 
encore des ressources", a poursuivi Manuel Valls. "Nous sommes 
en guerre mais nous n'en sommes qu'au début, elle demandera de 
la constance et de la ténacité, cette guerre sera longue." 
    L'ancien Premier ministre François Fillon, qui intervenait 
au nom du groupe Les Républicains, a apporté son soutien à la 
demande de prolongation des frappes françaises en Syrie, qui 
intervient au moment où François Hollande mène une offensive 
diplomatique pour bâtir une grande coalition contre Daech. 
     
    LEVÉE DES SANCTIONS CONTRE LA RUSSIE ? 
    Mais il a réclamé la levée des sanctions européennes qui 
frappent la Russie en raison de la crise en Ukraine. 
    "Peut-on combattre côte à côte avec les Russes, alors que 
nous leur imposons dans le même temps des sanctions européennes 
? La réponse est non ! La France doit prendre ses 
responsabilités et obtenir, lors du prochain Conseil européen, 
qu'un terme soit mis à ces sanctions", a-t-il dit. 
    François Fillon a aussi demandé la "réintégration de l'Iran 
dans les discussions".  
    "Son influence sur le terrain et la présence de ses forces 
spéciales en font, qu'on le veuille ou non, un élément-clé de la 
victoire au sol", a-t-il ajouté. 
    Enfin, il a estimé qu'une "liaison" avec les autorités 
syriennes était indispensable, par l'envoi dans un premier temps 
d'un chargé d'affaires à Damas. 
    "Comment abattre l'Etat islamique, dont les sanctuaires et 
les centres de décision sont en Syrie, comment bâtir une 
solution politique, sans a minima des échanges de renseignements 
avec le régime en place ?" a-t-il demandé. 
    Le gouvernement avait le 15 septembre informé le Parlement 
de sa décision de faire intervenir les forces armées aériennes 
en Syrie mais une autorisation du Parlement est nécessaire pour 
prolonger l'intervention au-delà de quatre mois. 
    Le vote aurait dû avoir lieu en janvier prochain mais, du 
fait de la pause du Parlement à l'occasion des fêtes de fin 
d'année, le gouvernement a préféré avancer le scrutin. 
    Tous les groupes de l'Assemblée, de la majorité comme de 
l'opposition, ont voté en faveur de la prolongation de 
l'intervention. Seul le groupe Front de gauche s'est abstenu. 
 
 (Emile Picy, avec Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse) 
 
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