Feu vert à l'expulsion du sud de la "jungle" de Calais

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 (Actualisé avec Cazeneuve, préfète) 
    CALAIS, 25 février (Reuters) - Le tribunal administratif a 
validé jeudi l'arrêté d'expulsion du sud de la "Jungle" de 
Calais, sauf dans les espaces sociaux, a annoncé la préfecture 
du Pas-de-Calais.  
    Les autorités ont précisé que la mise en exécution ne serait 
pas immédiate, le but étant toujours de convaincre les migrants 
de partir pour être "mis à l'abri" dans des centres ouverts en 
France. 
    "Nous avons une solution à apporter à chacun d'eux", a 
déclaré la préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, précisant 
que 102 centres d'accueil avaient été ouverts en France et que 
2.700 migrants de Calais les avaient déjà rejoints. 
    Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a estimé que 
la décision du tribunal confortait "en tous points la stratégie 
arrêtée par l'Etat à Calais". 
    "Nous avons l'intention de procéder à la mise à l'abri, à la 
mise en protection, de tous ceux qui sont sur la zone sud de 
Calais, et notamment les mineurs isolés", a-t-il dit à la 
presse. 
    Huit associations avaient saisi la justice en référé à ce 
sujet, affirmant que l'opération, initialement prévue mercredi, 
a été décidée sans proposer des solutions alternatives 
suffisantes.  
    Elles soulignaient aussi que le nombre de migrants concernés 
par l'évacuation, de l'ordre d'un millier selon l'Etat, était en 
réalité plus de trois fois plus élevé. 
    Manuel Valls a assuré mardi que l'évacuation prendrait "le 
temps nécessaire" pour apporter une "réponse humanitaire" aux 
migrants en quête d'un passage vers la Grande-Bretagne. 
    La maire Les Républicains de Calais, Natacha Bouchart, s'est 
déclarée "soulagée" par la décision du tribunal administratif, 
confirmant que l'évacuation se ferait de façon très progressive. 
    "On partirait sur 8, 15 jours, voire 3 semaines. Les 
services de l'Etat souhaitent vraiment faire ça de façon 
progressive sans qu'il y ait de heurts", a-t-elle dit sur RTL. 
    "Petit à petit des propositions vont être faites, des 
cabanes vont être démantelées", a-t-elle ajouté.  
    Natacha Bouchart a souligné qu'elle resterait "vigilante sur 
ce qui va se passer dans les prochains jours". "Il y a des 
associations, il y a des activistes, il y a des passeurs qui ne 
veulent pas voir disparaître ce lieu et vont tout faire pour que 
les migrants ne prennent pas la bonne décision".  
    Bernard Cazeneuve a souligné qu'il n'avait jamais été 
question de procéder à une "évacuation brutale" de la zone mais 
de "mettre tout en oeuvre pour pouvoir accueillir dignement les 
réfugiés". 
    Il a annoncé qu'il réunirait prochainement les "associations 
qui souhaitent s'engager" plus avant dans l'accompagnement des 
migrants.  
 
 (Matthias Blamont, édité par Yves Clarisse) 
 
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