Festival de commandes pour Airbus et Boeing au Bourget

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FESTIVAL DE COMMANDES POUR AIRBUS ET BOEING AU BOURGET
FESTIVAL DE COMMANDES POUR AIRBUS ET BOEING AU BOURGET

par Victoria Bryan et Sarah Young

LE BOURGET, Seine-Saint-Denis (Reuters) - Airbus et Boeing ont ouvert lundi le cru 2015 du Salon du Bourget avec un festival de grosses commandes, surfant sur la demande des compagnies du Moyen-Orient et d'Asie.

Saudi Arabian Airlines est ainsi devenu le client de lancement de la version régionale du long-courrier A330 de l'avionneur européen, en s'engageant sur 20 unités ainsi que sur 30 A320neo, version remotorisée du monocouloir, pour un montant total évalué à 8,2 milliards de dollars (7,3 milliards d'euros) aux prix catalogue.

Airbus a également reçu une lettre d'intention de Garuda Indonesia pour une commande de 30 A350, son dernier long-courrier, pour un montant potentiel de quelque neuf milliards de dollars (huit milliards d'euros).

La même compagnie indonésienne s'est parallèlement engagée à acheter jusqu'à 30 long-courriers 787-9 Dreamliner à Boeing et autant de monocouloirs 737 MAX 8, pour un montant qui pourrait atteindre environ 10,9 milliards de dollars (9,7 mds d'euros).

Mais cette moisson de commandes et celles qui devraient suivre tout au long du salon dont les journées professionnelles durent jusqu'au 18 juin vont encore accroître la pression qu'Airbus et Boeing font peser sur leurs fournisseurs pour accélérer leurs cadences de production.

La demande reste en effet toujours robuste, en particulier des compagnies en pleine croissance du Moyen-Orient et d'Asie.

C'est la raison pour laquelle Airbus a relevé lundi sa prévision de demande d'avions pour les 20 ans à venir de près de 4% à 32.6000 unités, faisant écho aux perspectives publiées la semaine dernière par Boeing.

Pour autant, les analystes écartent tout risque de bulle.

PRÉVISIONS A LONG TERME RELEVÉES

"Pour qu'il y ait un vrai retournement de cycle il faudrait qu'il y ait la conjonction de plusieurs facteurs concomitants - une crise financière majeure, un ralentissement trop fort de l'économie en Chine (...) et une déstabilisation dans les pays du Golfe", estime Massi Begous, du cabinet Roland Berger.

A la différence de Boeing, Airbus s'est montré une nouvelle fois optimiste pour les perspectives des très gros porteurs quadrimoteurs, comme l'A380, le plus grand avion de ligne du monde, dont les performances commerciales ont pour l'instant déçu.

"Les très gros avions seront nécessaires au cours des 20 ans à venir", a fait valoir le directeur commercial d'Airbus, John Leahy, citant la congestion des aéroports comme un argument de vente majeur pour de tels appareils.

Afin de relancer l'intérêt des clients pour l'A380, Airbus discute avec eux de la possibilité de remotoriser l'avion ou d'en développer une version pouvant transporter une cinquantaine de passagers supplémentaires.

Boeing a indiqué juste avant l'ouverture du salon qu'il explorait un marché potentiel d'un millier d'appareils, une niche entre le monocouloir 737 et le long-courrier 787, sans avoir toutefois encore pris de décision quant à un investissement dans un tel avion.

Bon nombre d'analystes se montrent toutefois de plus en plus inquiets face à des carnets de commandes qui approchent 10 ans et des projets des constructeurs visant à augmenter encore leur rythme de production.

GE Aviation a indiqué lundi qu'il voulait sécuriser la hausse déjà prévue de production des moteurs de monocouloirs pour Airbus et Boeing à des niveaux record, avant de décider s'il pourrait garantir une nouvelle montée en cadence.

Avant le salon, Airbus menait face à Boeing dans la course aux commandes, à 247 contre 175. Mais l'avionneur américain a supplanté son rival européen l'an passé.

Dès l'ouverture du salon, Qatar Airways a commandé à Boeing 10 long-courriers 777-8X et quatre 777 en version fret, pour un montant total de 4,8 milliards de dollars (4,3 mds d'euros) aux prix catalogue, tandis que GE Capital Aviation Services a commandé 60 A320neo, pour un total évalué à quelque 6,4 milliards de dollars (5,7 mds d'euros).

La commande de Saudi Arabian Airlines à Airbus intervient un mois et demi après une rencontre de François Hollande avec le patron de la compagnie aérienne lors d'un sommet des Etats du Golfe en Arabie saoudite dont il était l'invité.

Le président de la République, qui a inauguré le salon dès son ouverture lundi, a assisté à des démonstrations en vol, notamment de l'avion de transport militaire A400M, au centre d'une enquête après un crash lors d'un vol d'essai le 9 mai en Espagne.

(Avec Cyril Altmeyer, édité par Jean-Michel Bélot)

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