Femme, haltérophile et alors ?

le , mis à jour à 06:09
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Femme, haltérophile et alors ?
Femme, haltérophile et alors ?

La date et l'heure sont gravées dans son esprit. Le 12 août à 15 h 30 (heure locale), Gaëlle Nayo-Ketchanke (28 ans) dispute ses premiers Jeux olympiques. Si la double championne de France (2015, 2016) connaît son heure de passage par coeur, c'est, bien sûr, parce qu'elle rêve de glaner au Brésil la toute première médaille de l'haltérophilie féminine tricolore. Mais aussi et surtout parce qu'elle sait qu'en ce vendredi si particulier il lui faudra être irréprochable pour faire parler d'elle.

 

« Je passe le même jour que Teddy Riner, ce n'est quand même pas de bol, s'esclaffe la Clermontoise. Toutes les caméras vont être braquées sur lui, pour le détrôner et s'attirer un brin de lumière, il va falloir faire carton plein ! »

 

Pour cela, la native de Douala (Cameroun) n'aura pas d'autre choix que de battre son record personnel de 248 kg au total olympique (111 à l'arraché, 137 à l'épaulé-jeté) et montrer au monde que, contrairement aux idées reçues, l'haltérophilie est aussi une discipline féminine. « On ne pense pas automatiquement que c'est un sport de fille, c'est vrai, admet-elle. Mais c'est un a priori que je ne valide pas. Pourquoi cette discipline ne serait-elle réservée qu'aux garçons ? C'est un sport formidable. Moi, j'ai accroché tout de suite. »

 

L'haltérophilie, Gaëlle Nayo-Ketchanke est un peu tombée dedans toute petite. La fonte et les Ketchanke, c'est une histoire de famille. « Je n'ai pas eu le choix, sourit la vice-championne d'Europe, naturalisée en 2013. Mon père était entraîneur, mes deux frères et ma soeur pratiquaient et la salle était juste en dessous de la maison. »

 

Partie du Cameroun en 2008 « pour échapper aux magouilles qui gangrènent le sport africain », dit-elle, elle a posé ses valises en Auvergne où son compagnon d'entraîneur, Laurent Pedreno, la prépare depuis au plus gros défi de sa carrière. « Les Jeux olympiques, c'est la ...

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