Fed-Statu quo prévisible, une hausse toujours d'actualité

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    par Jonathan Spicer et Ann Saphir 
    NEW YORK/SAN FRANCISCO, 24 avril (Reuters) - Il est probable 
que la Réserve fédérale (Fed) observera le statu quo la semaine 
prochaine mais elle pourrait modifier son diagnostic de la 
conjoncture économique de manière à préparer le terrain à de 
nouvelles hausses des taux. 
    Nombre de responsables de la banque centrale ont encore bien 
présent à l'esprit la tempête qui a agité les places boursières 
mondiales en début d'année et les statistiques économiques 
américaines médiocres du premier trimestre.  
    C'est pourquoi, le Comité de politique monétaire (Fomc) 
attendra peut-être d'avoir des signes plus manifestes de hausse 
de l'inflation et de la croissance avant de relancer le 
processus de remontée progressive des taux d'intérêt à des 
niveaux jugés plus normaux. 
    De ce point de vue, si l'économie américaine crée de 
l'emploi et si les prix de détail y augmentent, des ventes au 
détail et un commerce extérieur en retrait, sans compter les 
soucis afférents à la croissance de la Chine, sont autant 
d'éléments susceptibles de conforter la présidente Janet Yellen 
dans son attitude prudente. 
    De fait, les marchés prédisent le statu quo à l'issue de la 
réunion des 26 et 27 avril et n'évaluent qu'à 20% la probabilité 
d'une hausse des taux lors de la prochaine réunion, celle des 14 
et 15 juin.  
    "Je ne crois pas qu'elle puisse lancer une hausse en juin 
sans déclencher une nouvelle vague d'instabilité. Elle ne veut 
pas de ça car la déroute de janvier et de février a laissé des 
traces en profondeur", observe Aneta Markowska (Société 
Générale, New York).  
     
    DU "DÉJÀ VU" POUR LA FED 
    La Réserve fédérale a lancé en décembre dernier le cycle de 
resserrement monétaire, relevant ses taux directeurs pour la 
première fois depuis 2006 et concrétisant ainsi ce qu'elle avait 
laissé entendre deux mois auparavant, en un moment où la Bourse 
s'était remise d'un sévère coup de bambou et où les craintes 
d'un ralentissement économique de la Chine s'étaient atténuées. 
    En bref, des conditions à peu près identiques à celles 
prévalant ce mois-ci: après deux mois de turbulences, l'indice 
S&P-500 a regagné dans les 15% en deux mois également et la 
Chine a connu une croissance de 6,7% au premier trimestre. 
    Mais cela risque d'être insuffisant cette fois-ci pour 
autoriser les responsables de la Fed, qui ont toujours en ligne 
de mire une hausse des taux en juin, à se montrer aussi 
volontaristes dans leurs propos qu'en octobre dernier dans la 
mesure où l'inflation semble loin d'atteindre l'objectif de 2% 
de la banque centrale. 
    Pour amener des traders sceptiques à changer de point de vue 
sans ébranler les marchés, l'institut d'émission pourrait mettre 
en avant l'amélioration récente de la situation financière, avec 
des valorisations boursières près de leur niveau record et un 
dollar affaibli.  
    La Fed pourrait aussi atténuer quelque peu, voire retirer 
totalement, des propos tenus en mars, lorsqu'elle déclarait que 
les évolutions économiques et financières mondiales continuaient 
d'être source de risques. 
    Il lui serait enfin loisible de redéfinir l'incertitude 
entourant ses prévisions en déclarant que les risques sont 
dorénavant plus équilibrés. 
    Ce faisant, Janet Yellen pourrait ultérieurement tirer parti 
d'un prochain discours pour ne laisser subsister aucun doute sur 
les intentions de la Fed en juin.   
     
    Voir aussi l'enquête Reuters sur ce dossier:      
      
     
 
 (Wilfrid Exbrayat pour le service français) 
 
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