FED : pourquoi le communiqué du FOMC et le discours de Ben Bernanke ne sont pas inquiétants... au contraire

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Le président de la FED, Ben Bernanke, laisse planer le doute. En effet, ses déclarations sont rassurantes mais les Minutes du FOMC ont davantage inquiété les investisseurs car elles soulignent que plusieurs membres souhaitent baisser le montant des achats d'actifs par la Banque Centrale dès le mois de juin. Ben Bernanke, lui, est plus prudent et déclare simplement que si les conditions économiques continuent de s'améliorer, une baisse du rythme du Quantitative Easing pourrait intervenir d'ici quelques meetings... bref, M. Bernanke se montre pragmatique, et étant donné les bons chiffres économiques récents, il n'est pas étonnant que son discours aille dans ce sens... Au final, il faut retenir que toute la réthorique des membres de la FED est plutôt cohérente et si la croissance se confirme outre Atlantique, les achats d'actifs par la FED devrait être de moins de 85 Md$ par semaine (le rythme actuel) dès le quatrième trimestre de cette année. Ceci étant dit, il n'y a pas lieu de s'inquiéter, au contraire. Voici les choses importantes qu'il faut retenir au sujet de la FED.

Le Quantitative Easing n'est pas près de s'arrêter. Il faut garder à l'esprit qu'on ne parle pour le moment que d'un ralentissement du Quantitative Easing et non d'un arrêt pur et simple. Le bilan de la FED devrait donc continuer de grossir et Ben Bernanke a bien insisté sur le fait que si l'économie ralentit, le rythme des achats d'actifs pourra être augmenté de nouveau.

La durée de détention des titres par la FED. Ben Bernanke a expliqué plusieurs fois que c'est surtout la quantité de titres détenus par la FED plus que les achats eux-mêmes qui rend la politique monétaire accommodante. Or sur ce point, le FOMC est resté vague. Bernanke a expliqué que la FED peut tout à fait porter les titres jusqu'à l'échéance, c'est à dire les laisser arriver à maturité naturellement, sans jamais les vendre. Ce scénario est de plus en plus discuté par les officiels et s'il devenait le scénario retenu par la banque centrale américaine, cela représenterait un assouplissement supplémentaire...

En relatif, les achats de titres par la FED pourraient augmenter. Même si le montant de 85 Md$ par semaine n'est plus d'actualité d'ici la fin de l'année, il se pourrait que la part de treasuries acquise par la FED par rapport à l'ensemble du marché soit stable ou augmente. En effet, le déficit budgétaire américain a nettement reculé et le montant de treasuries émis par l'Etat américain devrait reculer également. Par conséquent, l'impact des achats de la FED sur les taux resterait le même...

Le Quantitative Easing est seulement une composante de la politique monétaire. Evidemment, c'est sûrement la plus importante, mais le QE n'est pas l'unique corde à l'arc de la FED. Même si celui-ci finira par être abandonné et la FED par arrêter ses achats, il ne faut pas oublier que ses taux directeurs devraient rester proches de 0 encore plusieurs années...

Les autres banques centrales. Dans une économie mondialisée, la politique monétaire doit être observée au niveau mondial. Or toutes les banques centrales (BCE, BoE, sans oublier les mesures spectaculaires annoncées par la Bank of Japan, ...) se mettent à avoir des politiques monétaires accommodantes. Ainsi, au niveau mondial, même si la FED ralentit ses interventions, la politique monétaire est plus accommodante qu'elle ne l'était il y a un an...

Les conditions économiques. Enfin, il ne faut pas oublier que le ralentissement du Quantitative Easing envisagé par la FED n'est qu'une réponse à l'amélioration des conditions économiques aux Etats-Unis. S'agissant de la première économie mondiale, mieux vaut une croissance américaine qui repart et un ralentissement des achats d'obligations par la FED qu'une croissance molle et des achats qui demeurent au rythme de 85 Md$ par semaine... en fait, la baisse du rythme des achats serait plutôt une bonne nouvelle pour l'économie.

En conclusion, même si les indices actions à Wall Street ont terminé en baisse suite aux messages contrastés de la FED hier, nous ne pensons pas qu'il faille s'inquiéter de cette diminution du rythme des achats de titres par la FED. Ben Bernake reste pragmatique. Il a souligné l'amélioration du marché du travail, tout en constatant qu'il restait fragile. Il a également passé du temps à parler des problèmes budgétaires des Etats-Unis. Ce qui prouve que le ralentissement discuté ne sera pas automatique mais qu'il se fera en fonction de la conjoncture économique. Enfin, il a répété que remonter les taux directeurs prématurément pourrait menacer la reprise économique, ce qui laisse présager que la période de taux d'intérêt bas va durer encore quelques temps (comprendre : quelques années, sans doute jusqu'à 2015...).

Copyright Photo : Arian Camilleri


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  • fmaury13 le jeudi 23 mai 2013 à 14:11

    pretexte pour consolider des cours qui n'en finissaient pas de monterune pause s'impose comme dans une mine on consolide pour mieux re avancer sinon tout s'effondre logique

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