Fed : la décision de jeudi peut-elle déstabiliser les marchés ?

le , mis à jour à 15:25
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Même si la Fed remonte ses taux jeudi, le discours de Janet Yellen pourrait apaiser les esprits.
Même si la Fed remonte ses taux jeudi, le discours de Janet Yellen pourrait apaiser les esprits.

C’est la grande question de la semaine : la Fed va-t-elle remonter ses taux directeurs jeudi prochain ? À quelques jours de la décision, l’incertitude reste totale. Le sujet agite la communauté financière depuis plusieurs mois.  Les investisseurs pourraient-ils mal digérer une hausse des taux ?

Aucun doute que la décision de la Fed sera suivie jeudi soir avec une très grande attention par la communauté financière. La banque centrale américaine pourrait en effet décider de remonter ses taux directeurs pour la première fois depuis 2006.

Actuellement laissés dans un canal de fluctuation « entre 0% et 0,25% », les taux courts de la Fed pourraient être remontés d’un quart de point jeudi 17 septembre, pour désormais fluctuer « entre 0,25% et 0,50% ». À moins que la réunion du FOMC ne débouche sur une autre décision, ou par la poursuite du statu quo. Lire à ce sujet : À suivre cette semaine : la Fed au cœur de toutes les attentions.

Beaucoup de bruit pour rien ?

« Le débat autour de la politique monétaire du Fed peut paraître surréaliste au regard de la faiblesse des taux directeurs », remarque pour sa part le courtier Aurel BGC. « Les taux directeurs sont appelés à rester durablement très accommodants avec des taux réels très bas, voir négatif, pour encore de nombreux mois. Les liquidités resteront très abondantes, la banque centrale ne semblant pas pressée de réduire la taille de son bilan. Ainsi, au total, la réunion de jeudi pourrait paraître anecdotique ».

Ceci d’autant plus qu’« actuellement, sur le marché des futures sur fed funds, la probabilité d’une hausse des taux directeurs ce jeudi est de 23%, elle atteint 39% en octobre et 58% en décembre. A priori, les investisseurs n’anticipent pas majoritairement une hausse des taux directeurs cette semaine », explique Aurel BGC.

Pour autant, la même source remarque qu’« au niveau des économistes, le "consensus" est loin d’être unanime ». « Rarement l’issue d’une réunion du FOMC aura été aussi incertaine aux yeux des économistes », alors que la moitié d’entre eux s’attend à une action cette semaine, et l’autre moitié à une poursuite du statu quo.

La Fed indécise

Plusieurs éléments viennent pourtant soutenir l’idée selon laquelle la Fed pourrait remonter ses taux sans plus attendre. Comme cela a déjà souvent été rappelé, le marché de l’emploi est plus dynamique qu’espéré. Ceci représente un frein en moins pour une hausse des taux de la Fed. Le chômage ne concerne plus que 5,1% de la population active aux Etats-Unis, or, « le taux de 5,1% était attendu par les membres de la Fed à la fin 2016 et non sur ce mois d’août 2015 ».

Surtout, une poursuite du statu quo de la Fed pourrait être interprétée comme un « signe de doutes » de la part de la Fed vis-à-vis de la vigueur de la reprise économique aux Etats-Unis et dans le monde.

Pour autant, la banque centrale américaine pourrait vouloir se donner du temps avant d’agir. Dans le contexte de doutes sur la Chine, sur le dollar fort ou encore sur le potentiel de croissance à long terme, agir trop vite pourrait être maladroit.

Décision incertaine, réaction incertaine, mais le calme pourrait dominer

« Ainsi, si la décision de la Fed est très incertaine, isoler les attentes des investisseurs sur les marchés l’est aussi », explique Aurel BGC. Pour cette raison, « la réaction de court terme des marchés est difficile à anticiper ».

Ceci ne veut pas forcément dire que les investisseurs pourraient être « déstabilisés » par la décision de la banque centrale américaine. Une hausse des taux de la Fed pourrait même faire peu réagir les investisseurs, qui s’attendent à cette décision depuis de nombreux mois. La poursuite du statu quo pourrait également provoquer peu de réactions, alors que les investisseurs continueraient d’anticiper une hausse imminente pour octobre ou décembre.

Depuis le début de la semaine, les investisseurs se montrent prudents mais ne s’inquiètent pas : les principaux indices boursiers oscillent autour de leur point d’équilibre journalier, avec une volatilité plutôt réduite par rapport aux séances du mois d’août.

Au-delà de la décision de la Fed, ce qui comptera pour la communauté financière sera surtout le discours de la présidente de la Fed, qui s’exprimera en conférence de presse jeudi à 20h30 (heure française). « Mme Yellen devrait tenir un discours très accommodant, indiquant que la remontée des taux directeurs sera très progressive car la banque centrale n’est pas pressée, voire laisser entendre qu’elle pourrait être l’unique hausse des taux directeurs de cette année », prévoit ainsi Aurel BGC.

L’idée d’un probable discours apaisant vient soutenir l’idée selon laquelle les investisseurs ne devraient pas forcément réagir négativement jeudi, quelle que soit la décision de la Fed.

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • launor le jeudi 17 sept 2015 à 09:04

    Tout ce barratin depuis des mois au sujet d'une microscopique hausse de 0,25% me fait rigoler d'autant que c'est lui prêter un pouvoir quelle n'a pas vraiment : elle suit généralement la tendance des taux de marché.

  • jy831 le mardi 15 sept 2015 à 16:05

    Pourquoi parle t'on toujours d'investisseurs alors que ce sont des spéculateurs ?

  • y.batard le mardi 15 sept 2015 à 15:53

    ce que je retiens ici ou là c'est que si la FED hausse les taux dès septembre...c'est pour se conserver une marge de manoeuvre pour les rebaisser après !!! on est dans du grand n'importe quoi lorsqu'on écoute les journalistes et économistes mainstream

  • saferien le mardi 15 sept 2015 à 15:33

    si c'est pas en septembre, ce sera en décembreles banksters ont du mal à envisager de raser gratis