Fed et Syrie, sources d'instabilité pour Wall Street

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FED ET SYRIE, SOURCES D'INSTABILITÉ POUR WALL STREET
FED ET SYRIE, SOURCES D'INSTABILITÉ POUR WALL STREET

par Sam Forgione

NEW YORK (Reuters) - La question syrienne et la proximité de la prochaine réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale pourraient être synonymes de volatilité pour Wall Street la semaine prochaine.

Pourtant, après avoir perdu 3,1% en août, l'indice Standard & Poor's 500 a regagné 1,4% durant la première semaine de septembre. Sur l'ensemble de la semaine, le Dow Jones a pris 0,76% et le Nasdaq Composite près de 2%.

L'indice de volatilité du CBOE, dit aussi indice de la peur, a perdu 7% sur la semaine, perte la plus copieuse depuis la mi-juillet. A 15,85 en clôture vendredi, l'indice est proche d'un plus bas de deux semaines et à un point de sa moyenne de l'année passée. Autant dire qu'il n'évolue pas très haut.

Pour autant, les efforts déployés par la Maison Blanche pour convaincre le Congrès d'autoriser des frappes aériennes en Syrie pourraient faire grimper le baromètre de l'instabilité. Un vote du Sénat est probable la semaine prochaine.

"Le marché risque de réagir épidermiquement à la rumeur", dit Quincy Krosby (Prudential Financial). "Ce qu'on redoute, c'est qu'une frappe chirurgicale évolue brutalement en quelque chose de beaucoup plus gros".

L'autre événement attendu avec anxiété par les marchés est la réunion de la Fed des 17 et 18 septembre car ils pensent qu'elle annoncera une réduction de ses rachats d'actifs, qui se montent actuellement à 85 milliards de dollars par mois et qui passent pour avoir puissamment contribué à la vigueur boursière des derniers mois. L'indice S&P-500 est ainsi en hausse de plus de 16% depuis le début de l'année.

"Si la Fed dénoue, ce sera une double avanie", commente Tim Ghriskey (Solaris Group).

A la Syrie et à la question du dénouement de l'assouplissement quantitatif de la Fed s'ajoutent deux autres sources d'incertitude pour Wall Street: le remplacement de Ben Bernanke à la tête de la banque centrale en janvier; les débats futurs entre la Maison Blanche et le Congrès sur le budget et le plafond d'endettement.

Pris ensemble, tous ces facteurs pourraient être le catalyseur d'un rétrogradage qui, de l'avis des analystes, se fait attendre. "Nous sommes mûrs pour une correction qui se fait désirer", dit Margaret Patel (Wells Capital Management).

Cela fait plus de deux ans que le S&P-500 n'a pas subi une glissade de 10%, à partir de laquelle on peut parler de correction technique.

Dans l'intervalle, les fonds d'investissement retirent toujours plus d'argent de la Bourse. Ces retraits se sont montés à 15,3 milliards de dollars durant les trois dernières semaines, les plus élevés sur une telle période de temps depuis août 2011.

En dehors de cela, la semaine sera pauvre en statistiques - à l'exception peut-être des ventes au détail d'août - et encore plus en résultats de sociétés.

(Wilfrid Exbrayat pour le service français)

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