Fed-Bullard n'est plus partisan d'une hausse des taux

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    par Howard Schneider 
    SAINT-LOUIS, 18 février (Reuters) - Le président de la 
Réserve fédérale de Saint-Louis estime qu'il ne serait pas 
judicieux d'augmenter à nouveau les taux d'intérêt au vu d'une 
inflation qui reste basse et de l'instabilité financière 
mondiale. 
    James Bullard était jusqu'alors l'un des plus chauds 
partisans d'une remontée des taux d'intérêt, redoutant qu'une 
politique de taux ultra-bas trop longue ne crée de périlleuses 
bulles spéculatives. 
    Mais il a dit mercredi que le tassement régulier des 
anticipations d'inflation aux Etats-unis était devenu sa 
principale inquiétude et ajouté qu'il s'accommoderait mal d'une 
nouvelle hausse des taux tant que cette situation ne se serait 
pas dénouée. 
    "Je considère qu'il ne serait pas judicieux de poursuivre 
une stratégie de normalisation dans un environnement de 
tassement des anticipations d'inflation sur les marchés", a dit 
James Bullard.  
    La chute des Bourses dans le monde et des conditions 
financières devenues tendues dans d'autres secteurs économiques 
font que le risque de bulle spéculative est devenu moins 
prégnant, a-t-il ajouté. 
    La Fed, a-t-il poursuivi, est à présent plus en mesure de 
prendre son temps pour relever les taux et James Bullard observe 
qu'il n'est pas lui-même disposé à poursuivre le cycle dans que 
les obligations indexées sur l'inflation ne montreront pas que 
les investisseurs anticipent bel et bien une remontée de cet 
indicateur vers l'objectif de 2% de la banque centrale.  
    Ce changement d'opinion de James Bullard, l'un des membres 
du conseil de politique monétaire (FOMC) qui a le droit de vote 
cette année, pourrait indiquer que la banque centrale va y 
réfléchir à deux fois avant de poursuivre son cycle de 
resserrement monétaire.  
    "Si le récent resserrement des conditions financières 
mondiales se prolongeait, cela pourrait constituer un facteur 
d'amplification des risques baissiers" pour l'économie 
américaine, écrit par ailleurs l'institut d'émission, dans le 
compte rendu de la réunion de politique monétaire des 26 et 27 
janvier publié mercredi.   
    S'adressant à un groupe d'analystes financiers, James 
Bullard a observé que le taux d'inflation induit par certains 
cours obligataires avait diminué parfois de moitié depuis la 
mi-2014. Il a ajouté qu'il avait pensé dans un premier temps que 
cette glissade était parallèle à la chute des cours pétroliers 
mais il pense à présent qu'elle est davantage structurelle. 
    Augmenter les taux dans ce contexte mettrait en péril la 
crédibilité de la banque centrale parce que cette dernière est 
loin d'avoir atteint son objectif d'inflation, considéré comme 
un signe important de l'état de santé de l'économie américaine, 
à l'instar d'un chômage bas, adressé au marché. 
    "Les banques centrales doivent défendre leur crédibilité; 
c'est pourquoi il y a lieu de s'inquiéter", a-t-il dit.      
     
 
 (Wilfrid Exbrayat pour le service français,) 
 
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