Fed : attention à ne pas répéter l'erreur de septembre

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La Fed sera au coeur de l'attention des investisseurs ce soir, mercredi 27 janvier.
La Fed sera au coeur de l'attention des investisseurs ce soir, mercredi 27 janvier.

Les membres de la Fed se réunissent aujourd’hui pour discuter de la politique monétaire américaine. Un communiqué sera publié à 20h, sans conférence de presse de Janet Yellen. Les taux resteront probablement inchangés, mais les récents doutes économiques pourraient être commentés.

« Comme la BCE, la Fed est confrontée à la détérioration de l’environnement économique et financier mondial, ainsi qu’à une aversion au risque prononcée de la part des investisseurs. Ce contexte rend sa tache particulièrement délicate » aujourd’hui, mercredi 27 janvier, explique Franck Dixmier, directeur des gestions obligataires chez AllianzGI.

Dans ce contexte, « un relèvement [des taux] en janvier serait très négatif pour la stabilité des marchés. Il enverrait le message d’une normalisation rapide de la politique monétaire, contredisant totalement les anticipations des marchés. Surtout, il serait mal venu en cette période de forte volatilité des marchés », expliquent pour leur part les économistes d’Aurel BGC.

Ces derniers estiment sans surprise que pour ces raisons, « il est totalement improbable que la banque centrale [américaine] modifie ses taux directeurs » aujourd’hui.

Les récentes craintes économiques exprimées sur les marchés devraient en effet modérer les velléités offensives des « faucons » de la Fed qui, encore récemment, « militaient pour 3 à 4 hausses des taux directeurs cette année », rappelle Aurel BGC.

Attention à ne pas répéter l’erreur de communication de septembre

« Il n’en demeure pas moins que la communication de la Fed est délicate. La banque centrale se retrouve face à une situation de marché (volatilité et craintes) proche de celle du mois de septembre », observent les économistes de la société de courtage.

Pour rappel, en septembre dernier, les marchés restaient agités après leur été compliqué, et les commentaires inquiets de Janet Yellen, accompagnés d’un maintien des taux de la Fed à leur plus bas historique, avaient provoqué une forte baisse des marchés. Les investisseurs avaient interprété ces craintes au premier degré, au lieu d’y voir l’espoir de nouvelles mesures de soutien monétaire à court terme.

Cette fois-ci, Janet Yellen ne prendra pas la parole. Le communiqué de presse publié à 20h pourrait néanmoins traduire un changement d’état d’esprit chez les membres de la Fed.

« Par quelques mots bien choisis insérés dans leur communiqué, les banquiers centraux pourraient faire passer un message plus prudent, en soulignant les incertitudes sur la demande extérieure et la récente volatilité des marchés », explique Aurel BGC. Mais dans ce cas, la Fed prendrait « le risque, comme en septembre dernier, de valider les sentiments de marché les plus négatifs ».

De même, « en laissant son communiqué totalement inchangé [par rapport à celui de décembre], elle pourrait prendre à contre-pied les anticipations exprimées sur le marché, qui tablent sur une seule hausse des taux directeur cette année », poursuit la même source. Le simple statu quo de la Fed dans sa communication, malgré la récente accélération des inquiétudes économiques, pourrait donc suffire à décevoir les opérateurs de marché.

En somme, tout le défi de la Fed va consister à ne pas brusquer les investisseurs, sans non plus chercher à les rassurer à tout prix, car en cas de net rebond des marchés financiers, « la banque centrale pourrait être accusée de trop focaliser son attention sur Wall Street et non sur les fondamentaux économiques », estime Aurel BGC.

Franck Dixmier d’AllianzGI confirme : « il est essentiel que rien ne laisse penser que les décisions de la banque centrale puissent être d’une quelconque manière dictées par les marchés. Il en va de sa crédibilité ».

À quoi s’attendre ?

Même si le défi de la communication ne sera donc pas simple à relever pour la Fed, les économistes d’Aurel BGC essaient d’anticiper ce que la banque centrale pourrait annoncer ce soir.

« Nous pensons que la banque centrale pourrait n’ajuster son communiqué qu’à la marge cette semaine, en décrivant une économie américaine solide grâce à sa demande intérieure. La partie du communiqué sur l’inflation pourrait être modifiée », alors qu’« un retour de l’inflation vers l’objectif de moyen terme de 2% est retardé du fait de la nouvelle chute des cours du pétrole ».

La Fed pourrait également annoncer qu’elle « va poursuivre sa remontée des taux directeurs mais [que] la chute de l’or noir lui offre encore plus de temps ». Enfin, la banque centrale pourrait également préciser qu’« elle n’est pas pressée dans sa hausse "graduelle" des taux directeurs cette année ».

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • dcabon le mercredi 27 jan 2016 à 12:11

    Tous les """spécialistes""" vont peser chaque mot du communiqué pour savoir dans quel sens les moutons doivent bêler. Ou plus précisément, comment les petits copains pensent que les moutons vont bêler. Quel que soit ce communiqué, on peut s'attendre à de la volatilité - de source purement spéculative !

  • PzKpfw le mercredi 27 jan 2016 à 11:57

    "Cette fois-ci, Janet Yellen ne prendra pas la parole." L'héritage de Bernanke est trop dur a porter. Yellen est coincée, entre ne rien faire et monter les taux, et la FED est foutue. Dans ce cas mieux vaut éviter qu'elle l'ouvre. Draghi, ancien de chez Goldman, chef de la BCE apres avoir trafiqué les comptes de la Grece pour qu'elle rentre dans la zone euro, n'a lui honte de rien et continue de couler l'économie avec ses LTRO, QE etc etc.

  • M3182284 le mercredi 27 jan 2016 à 11:22

    euh, c'est quoi l'erreur? Faire baisser Wall Street? Ce n'est pas le mandat de la Fed qui a un objectif d'inflation et de croissance qu'elle a parfaitement rempli.