Faute de réserves, l'Azerbaïdjan renonce à défendre sa monnaie

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BAKOU (Reuters) - L'Azerbaïdjan a renoncé lundi à défendre sa monnaie, le manat, après avoir brûlé plus de la moitié de ses réserves en devises étrangères en l'espace d'un an pour tenter de la soutenir face à la déprime des cours du pétrole.

Bakou suit ainsi la Russie et le Kazakhstan, deux autres pays dépendants du pétrole dont les devises ont été secouées par la glissade des cours du brut depuis un an et demi. Le Brent de mer du Nord, référence du marché mondial, a reculé lundi à son plus bas niveau depuis 11 ans, ayant perdu plus des deux tiers de sa valeur depuis la mi-2014.

Les hydrocarbures représentent 95% des exportations de l'Azerbaïdjan et 75% des recettes du gouvernement.

Dans un communiqué, la banque centrale a annoncé qu'elle adoptait un taux de change flottant pour le manat à compter de ce 21 décembre. "Les taux de change du manat seront déterminés par l'offre et la demande sur les marchés des changes", a-t-elle déclaré.

Elle a fait état d'un taux indicatif de 1,55 pour un dollar lundi, soit une dépréciation de 47,6% par rapport à vendredi.

Ce faisant, la banque centrale a dit vouloir préserver ses réserves en devises étrangères qui, a-t-elle précisé, sont tombées à un "niveau critique."

Du fait des nombreuses interventions en faveur de la devise, les réserves ne se montaient plus qu'à 6,2 milliards de dollars au 30 novembre contre 14,9 milliards un an plus tôt.

La banque centrale a dit souhaiter également protéger la compétitivité du pays et sa balance des paiements au regard des dévaluations décidées par certains des principaux partenaires commerciaux de l'Azerbaïdjan.

Bakou avait déjà dévalué le manat en février, de 33,5% face au dollar et de 30% face à l'euro.

(Nailia Bagirova, Véronique Tison pour le service français)

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