Faute de majorité, Obama cherche à influencer le débat de 2016

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(Répétition sans changement) par Andy Sullivan WASHINGTON, 21 janvier (Reuters) - En affirmant mardi sa volonté de mieux protéger la classe moyenne et les plus pauvres aux Etats-Unis, Barack Obama avait sans doute peu d'espoir de faire adopter par le Congrès des lois sur le sujet. Mais faute de mieux, il pourrait bien peser sur les débats de la présidentielle 2016. Alors que son influence sur le Congrès est vouée à diminuer au fil des mois, le président américain s'est efforcé, dans son avant-dernier discours sur l'état de l'Union, d'imposer ses priorités aux futurs candidats à sa succession, qu'ils soient démocrates ou républicains. ID:nL6N0V005N Ses projets de hausses d'impôts pour les plus hauts revenus devraient être rejetés par le Congrès, contrôlé par le camp républicain, mais son discours a pointé du doigt les inégalités qui persistent malgré la reprise économique. La croissance des salaires aux Etats-Unis reste faible et l'écart entre les plus riches et le reste de la population n'a jamais été aussi large, selon le Pew Research Center. Et une majorité des Américains croient que la situation économique se dégrade, selon un sondage Reuters/Ipsos. Déjà, les candidats républicains potentiels comme Rand Paul et Mitt Romney ont laissé entendre qu'ils seraient plus attentifs au sort des plus pauvres. Pas au point de voter une augmentation des impôts des plus fortunés pour financer une amélioration de la protection sociale, ce que propose Barack Obama, mais sans doute assez pour présenter des propositions détaillées en la matière. Et le discours du locataire de la Maison blanche devrait aussi avoir un impact dans son propre parti. L'aile gauche des démocrates, emmenée par la sénatrice Elizabeth Warren, s'emploie déjà à éviter qu'Hillary Clinton, donnée favorite pour la candidature démocrate au scrutin de novembre 2016, ne cède au lobbying de Wall Street pour revenir en partie sur les réformes financières mises en oeuvre pendant les deux mandats d'Obama. HILLARY CLINTON SOUS PRESSION Dans un message publié sur Twitter peu après le discours du président, Hillary Clinton a déclaré: "Barack Obama a donné la direction d'une économie qui profite à tous. Nous devons maintenant accélérer et donner des résultats à la classe moyenne." L'ex-secrétaire d'Etat devrait lancer au printemps la campagne en vue de sa candidature aux primaires. Elle devra alors se prononcer clairement sur les propositions du président en matière de hausses d'impôts et de taxation des plus-values pour les plus riches, au risque de se mettre à dos certains des donateurs les plus fortunés du parti. Elle devra aussi dire si, comme le président actuel, elle est favorable à des mesures permettant de réduire le coût des gardes d'enfants par le biais d'allègements d'impôts et d'un développement de la scolarisation des plus jeunes, ou encore si elle est prête à obliger les entreprises à accorder à leurs salariées un congé maternité rémunéré. En attendant, Obama peut espérer faire appliquer certaines de ses idées en contournant l'obstacle du Congrès. Ce dernier n'a jamais voté la moindre hausse du salaire minimum fédéral depuis que le président l'a réclamée dans ses discours de janvier 2013 et janvier 2014. Mais 20 Etats ont augmenté le leur le 1er janvier. De même, le Congrès n'appuiera sans doute pas le projet de rendre gratuite la scolarité dans les "community colleges", les universités publiques, ce qui coûterait quelque 60 milliards de dollars (52 milliards d'euros) par an. Mais le Tennessee et Chicago ont pris des initiatives dans ce sens, qui peuvent faire des émules ailleurs dans le pays ou au moins inciter certains Etats à rétablir les aides publiques supprimées lors de la récession de 2008-2009. (Marc Angrand pour le service français)

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