Faut-il vendre les grandes valeurs de croissance ?

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(lerevenu.com) - En Bourse, les cours de Bourse de plusieurs blue chips de la cote plafonnent, voire reculent. Des déceptions provoquées par des difficultés passagères détournent les investisseurs vers des valeurs plus domestiques.

Les gérants d'Allianz Global Investors, la société de gestion d'actifs de l'assureur allemand, estiment que la fête est loin d'être finie pour les marchés d'actions, en particulier en Europe : «A moyen terme, les actions européennes bénéficient toujours de facteurs de soutien liés, d'une part à leur valorisation relative favorable par rapport aux actions américaines et, d'autre part, au rendement du dividende et à leur potentiel de performance», prévoit Catherine Garrigues, responsable de la gestion des actions Europe.

Les valeurs européennes ont été portées, depuis l'été dernier, constate la gérante, par les flux d'investissement eux-mêmes guidés par l'amélioration des indicateurs d'activité en Europe du Sud, des sorties de capitaux des obligations et des marchés émergents. La hausse des marchés d'actions s'appuie sur le retour en grâce des valeurs domestiques, des secteurs cycliques et des services publics aux collectivités. A l'inverse, les grandes valeurs de la cote, notamment dans l'indice CAC 40, ces groupes internationaux de croissance très rentables, ont été délaissées, voire brutalement secoués.

Catherine Garrigues pense que les grandes valeurs de croissance semblent avoir montré leurs limites. En France, elle donne l'exemple d'Essilor dont le cours de Bourse s'est replié de 14% en cinq mois et demi. Certes, le chiffre d'affaires du troisième trimestre n'a progressé que de 0,7%. Mais le leader des verres correcteurs promet encore une accélération de sa croissance en 2014, avec un maintien de marges élevées, notamment grâce à un rebond, aux Etats-Unis, dû au développement du Varilux S-séries.

En France, une autre grande valeur de croissance a montré dernièrement ses limites, Dassault Systèmes. Du fait de certains reports de commandes et du passage de certains clients de l'achat à la location, le leader mondial des logiciels 3D a affiché le cinquième trimestre de ralentissement de ses ventes, avec érosion de la marge opérationnelle. Néanmoins, souligne la gérante d'Allianz Global Investors, «la société conserve un positionnement très intéressant ; la croissance structurelle et le cycle produit restent intacts».

Le passage à vide de certaines grandes valeurs de croissance ne constitue donc pas un motif suffisant pour les délaisser : «Pour ces champions de la cote qui sont de grandes sociétés internationales dégageant des flux de trésorerie massifs, nous saisirons, au cas par cas, les opportunités que procurent les trous d'airs consécutifs à des effets devises sur les résultats ou des attentes trop élevées du marché».

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