Faut-il détruire les arbres de la forêt de Bialowieza pour mieux la sauver ?

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La forêt abrite notamment les derniers bisons sauvages d'Europe, les plus grands mammifères terrestres du continent. Selon les derniers recensements, ils sont 578.
La forêt abrite notamment les derniers bisons sauvages d'Europe, les plus grands mammifères terrestres du continent. Selon les derniers recensements, ils sont 578.

Vieille de plus de 10 000 ans, cette forêt est menacée par des coupes claires. Varsovie a autorisé un plan controversé qui prévoit l’abattage de nombreux arbres pour lutter contre l’invasion d’insectes xylophages. Au grand dam de scientifiques et d’écologistes.

Dans la bourgade polonaise de Bialowieza, à la frontière biélorusse, la polémique est aussi vieille que la Pologne libre, et aussi exceptionnelle que la forêt qui l’entoure : dans quelle mesure l’homme a-t-il le droit de poser la main sur l’une des forêts les mieux conservées d’Europe ? Au milieu du « Far East » de l’Europe occidentale, à la croisée des chemins entre la chrétienté et l’orthodoxie, le temps semble s’être arrêté tant la nature y est imposante.

La forêt de Bialowieza – 150 000 hectares des deux côtés de la frontière – abrite, en plus des derniers bisons sauvages d’Europe, des loups, des lynx, et surtout des écosystèmes uniques au monde.

Site classé au Patrimoine mondial de l’Unesco C’est ici que poussent les plus vieux épicéas du continent, qui, du haut de leurs 50 mètres, donnent le vertige au visiteur. Une excursion au cœur des zones de protection stricte donne l’impression de revenir 10 000 ans en arrière, quand, à la fin de la dernière période glacière, la forêt de Bialowieza prenait la forme qu’elle a su préserver jusqu’à aujourd’hui.

Un site classé au Patrimoine mondial de l’Unesco, où deux conceptions de protection de la nature s’affrontent : l’une passive, qui consiste à laisser la nature livrée à elle-même, l’autre active, où les gardes forestiers sont à l’œuvre, à coup de coupes et de plantations pour entretenir le vivant.

Mais depuis 2012, la forêt est en proie à une invasion d’insectes xylophages qui ravagent les épicéas.

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