Farc: reprise des pourparlers de paix à La Havane

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La guérilla des Farc a critiqué de récentes déclarations du président colombien Juan Manuel Santos, affirmant qu'elles "n'aident pas" à faire avancer les pourparlers de paix qui ont repris lundi à La Havane après une pause de trois semaines.

"Ces déclarations n'aident en rien dans la recherche de la confiance entre les parties", a déclaré à la presse Ivan Marquez, le numéro 2 de la guérilla chargé des négociations de paix en cours depuis novembre 2012.

Lundi, depuis Bogota, le président Santos s'est dit sur la radio colombienne RCN "plus optimiste qu'il y a un an" concernant la signature d'un accord de paix, exprimant l'espoir qu'"un accord survienne le plus tôt possible".

Et "à la fin ce sera le peuple colombien lui-même qui va pouvoir décider s'il accepte ou non ce qui aura été conclu", via un référendum, a répété M. Santos. Une option rejetée par la guérilla, qui appelle à la convocation d'une Assemblée constituante.

Dans un discours prononcé le 26 novembre devant des responsables militaires, M. Santos avait estimé que les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) "se sont rendu compte qu'elles étaient engagées sur un chemin qui ne menait nulle part" et que la pression de l'armée colombienne les avait contraintes à négocier.

Il accordait alors également un grand mérite au Plan Colombie, lancé en 2000, qui encadrait une aide militaire américaine de neuf milliards de dollars pour lutter contre le trafic de drogue.

"Santos lui-même révèle que cela n'était pas un plan contre le trafic de drogue, mais un plan contre-insurrectionnel conçu pour réprimer le mécontentement social", a estimé le numéro 2 de la rébellion issue d'une insurrection paysanne.

Au pouvoir depuis 2010, M. Santos, un dirigeant de centre droit, s'est déclaré candidat à sa succession en juin 2014, afin de pouvoir conclure le processus de paix.

En outre, selon M. Marquez, les récentes révélations du Washington Post sur un soutien logistique de la CIA à l'armée colombienne, notamment lors d'un raid qui avait permis d'abattre le numéro deux des Farc Raul Reyes en Equateur en 2008, prouvent que "l'interventionnisme américain est total".

"La Colombie est un pays occupé avec l'assentiment d'élites apatrides", a encore estimé M. Marquez.

Comme à son habitude, la délégation du gouvernement menée par l'ex-vice-président Humberto de la Calle s'est abstenue de toute déclaration à l'ouverture de cette nouvelle session de dialogue entamée après une pause décidée le 20 décembre.

Les négociations avec la plus ancienne guérilla d'Amérique latine visent à mettre fin à un conflit interne de près d'un demi-siècle, qui a en outre mêlé plusieurs rébellions, des milices paramilitaires et des gangs criminels, faisant plusieurs centaines de milliers de morts.

Fondées en 1964, les Farc comptent encore selon les autorités près de 8.000 combattants, essentiellement repliés dans les zones rurales du pays.

Quatrième tentative de dialogue dans l'histoire, ces pourparlers ont déjà abouti sur la question d'une réforme agricole et de la participation des Farc à la vie politique. Reste encore à régler les questions des trafics illicites, de l'abandon des armes et de la réparation aux victimes.

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