Faire la différence entre tuerie de masse et terrorisme est absurde

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Un officier de police étudiant des preuves situées à côté de la carcasse d'un véhicule impliqué dans les attaques de San Bernardino en Californie, le 3 Décembre 2015.
Un officier de police étudiant des preuves situées à côté de la carcasse d'un véhicule impliqué dans les attaques de San Bernardino en Californie, le 3 Décembre 2015.

Pour l’écrivain Julien Suaudeau, les djihadistes en Europe et les auteurs de massacres aux Etats-Unis sont tous des losers sans frontières.

Voilà un mois, les Etats-Unis se sont posé une question aberrante  : fallait-il voir la tuerie de San Bernardino seulement comme une tuerie de plus ou comme un attentat djihadiste  ? Les deux tueurs étaient-ils des déséquilibrés ou des terroristes, c’est-à-dire, au sens d’aujourd’hui, des islamistes radicalisés ayant prêté allégeance à l’organisation Etat islamique, qui a revendiqué les attentats du– novembre en France ?

La qualification d’acte terroriste a quelque chose d’absurde : suffit-il, pour y échapper, de se tenir à carreau sur Facebook ? De ne pas, au contraire d’un Amedy Coulibaly, d’un Fabien Clain, revendiquer des représailles au nom du « califat  » agressé par les « croisés  » ?

Poser cette question sous-entend que l’hypothèse du « coup de folie  » aurait quelque chose de rassurant – on se trouverait face à un massacre normal, familier, dont les tenants et les aboutissants seraient exclusivement domestiques. Un massacre acceptable ? De Columbine à Sandy Hook, d’Aurora à Virginia Tech, de Fort Hood à Chattanooga, le pays où je vis depuis dix ans est habitué à regarder les carnages en direct. Des gens meurent, hommes, femmes, jeunes, vieux, riches, pauvres, noirs, civils, policiers, soldats, blancs, hispaniques, asiatiques. On allume des chandelles, on pleure les morts en priant. On se demande si la légalité des armes à feu est le problème ou la réponse. On oublie, jusqu’à ce que la même horreur recommence. Il y a un an, au lendemain des attentats de janvier ...

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