Faible mobilisation contre la loi Travail après le 49-3

le , mis à jour à 16:54
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LA MOBILISATION CONTRE LA LOI TRAVAIL MARQUE LE PAS
LA MOBILISATION CONTRE LA LOI TRAVAIL MARQUE LE PAS

PARIS (Reuters) - Les sept syndicats opposés à la loi Travail n'ont pas réussi jeudi à donner un nouvel élan à la mobilisation en dépit de la colère provoquée par le passage en force du gouvernement, qui a recouru la veille à l'article 49-3 de la Constitution.

Lors de cette cinquième journée nationale de manifestations, les syndicats CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl ont rassemblé de maigres cortèges dans la plupart des villes.

De nouveaux débordements ont eu lieu à Nantes lors d'un cortège organisé par un collectif, sans les syndicats et des manifestants ont brisé des vitrines de la gare.

A Paris, où 11.500 à 12.500 personnes ont manifesté, selon la police, des heurts ont brièvement opposé le service d'ordre syndical et des groupes de jeunes, qui ont ensuite jeté des projectiles sur les forces de l'ordre et dégradé des biens publics. Deux personnes ont été interpellées.

Les responsables syndicaux, qui appellent à deux nouvelles journées de grève et manifestations les 17 et 19 mai, ont rejeté l'idée d'un baroud d'honneur et veulent continuer à faire pression sur les élus pour obtenir gain de cause.

"On rentre dans un bras de fer", a assuré Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO présent dans le cortège parisien, qui devait arriver devant l'Assemblée nationale lors du vote d'une motion de censure de droite vouée à l'échec.

La mobilisation contre la loi Travail avait culminé le 31 mars, avec 390.000 à 1,2 million de personnes, selon les sources, défilant à travers la France, avant de s'étioler au fil des manifestations.

Dénonçant le recours du gouvernement à l'article 49-3, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a appelé jeudi dans l'Humanité à "passer à la vitesse supérieure".

Il a rappelé que le contrat première embauche (CPE) avait été adopté en 2006 grâce au 49-3 avant d'être abandonné par le gouvernement face à la pression de la rue.

LE FOLL EXCLUT UN RETRAIT

Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a fermement écarté l'éventualité de voir le projet de loi Travail partager le même sort que le CPE. "Il n'y aura pas de retrait de cette loi", a-t-il affirmé sur Europe 1.

A Toulouse, entre 3.000 et 12.000 personnes selon les sources ont défilé jeudi, fustigeant "le passage en force" du gouvernement et son "refus du débat démocratique".

"La manifestation d'aujourd'hui n'est pas un baroud d'honneur, la bataille se poursuit", a dit à Reuters Bernard Dedeban, secrétaire général de la FSU départementale.

"L'enjeu de cette journée et de celles des 17 et 19 mai est de peser afin que lors des prochains examens du texte devant l’Assemblée nationale, les députés de gauche déposent une motion de censure", a-t-il ajouté.

A Marseille, les organisateurs ont dénombré 7.000 manifestants, mais la police 1.300. A Strasbourg, les manifestants étaient environ 1.500, a constaté Reuters, et à Lyon, la police en a compté 750 et les organisateurs 1.500.

Les syndicats espèrent profiter à partir de la semaine prochaine du renfort des routiers, les fédérations FO, CGT et Sud des transports ayant appelé à une grève reconductible à partir de la nuit du 16 mai, avec la menace de bloquer une partie de l'activité du pays.

Les syndicats de cheminots, mobilisés par ailleurs pour peser sur les négociations en cours, consécutives à la réforme ferroviaire de 2014, devraient venir se greffer au mouvement.

La fédération CGT des cheminots a déposé un préavis de grève illimité à compter du mardi 17 mai à 19h00. L'organisation, majoritaire à la SNCF, précise que le mouvement couvrira chaque semaine la période courant du mardi 19h00 au vendredi 08h00.

Sud Rail, troisième syndicat à la SNCF, avait également appelé mercredi soir à une grève reconductible à partir du 18 mai, en citant le projet de réforme du Code du travail et le recours du gouvernement à l'article 49-3 parmi ses motifs de mécontentement.

(Service France, édité par Yves Clarisse)

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  • emresibe le jeudi 12 mai 2016 à 17:05

    les francais aiment bien se faire enQlait :D

  • mlemonn4 le jeudi 12 mai 2016 à 16:49

    C'est dans les urnes que nous les mettrons dehors ! Par contre s'ils continuent à droite comme à gauche à faire un déni de démocratie et spoliant tous les pouvopirs avec des minorités relatives, alors cette fois là, oui il y aura beaucoup de monde dans la rue et cela risque d'être tout à fait autre chose; cela ne sert à rien d'aller manifester contre la loi travail c'est d'ailleurs la raison pour laquelle il y a peu d emonde car ils n'écoutent plus ! Ils ont raison de proroger l'état d'urgence !