" Facile de se projeter dans l'après, se concentrer sur ce qui reste à faire "

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" Facile de se projeter dans l'après, se concentrer sur ce qui reste à faire "
" Facile de se projeter dans l'après, se concentrer sur ce qui reste à faire "

François, est-ce qu'il y a une période d'adaptation quand on revient d'une Transatlantique ? Une espèce de sas de décompression ou bien on revient vite dans la vie normale ?Moi ça va, j'ai l'impression de revenir à la vie normale. Peut-être que mon entourage à l'impression que je suis dans ma bulle pendant quelques jours, je ne sais pas mais, oui, je pense qu'on revient vite. Et surtout j'ai cette chance avec Macif, d'avoir des projets sur du long terme. C'est facile de se projeter dans l'après, c'est facile de se concentrer sur les choses qu'il y a à faire. Certes pendant la Transat on a cassé un mat, mais on sait qu'on fait la Route du Rhum l'an prochain, on sait qu'il faut qu'on refasse un mat. On a un bateau à reconstruire. C'est beaucoup plus facile quand on peut se projeter comme ça.Avez-vous un quota de citation de Macif sur une interview de 12 minutes ?Une par minute (rires). Non mais c'est le nom de mon bateau, c'est le nom de mon partenaire évidemment mais c'est aussi le nom de mon bateau donc forcément on partage cette histoire ensemble et je le cite naturellement.Vous revenez de la Transat Jacques Vabre, vous faisiez équipe avec Michel Desjoyeaux, plus âgé, plus expérimenté, il y avait un leader sur le bateau ?Non il y avait un équipage. Je suis skipper du bateau Macif parce que c'est mon projet et j'étais sur le Vendée Globe avec ce bateau et je ferais la Route du Rhum l'an prochain avec ce bateau. Donc logiquement c'est moi qui avais la responsabilité d'être le skipper du bateau.Mais j'avais navigué avec Michel auparavant sur Foncia et, à cette époque-la, c'était lui le skipper du bateau. Voila, on est un équipage, on est deux bonshommes, on essaie juste d'avoir une complémentarité dans l'équipage pour que chacun puisse apporter ce qu'il sait faire. Evidemment, Michel a une expérience qui est tellement énorme qu'il apporte beaucoup. En tant que skipper c'était facile, quelque part c'était une chance d'avoir un co-skipper comme Michel.

« Un regard neuf sur notre pratique »

Justement vous faites partie des plus jeunes skipper du plateau (30 ans) la plupart des références dans la voile ont 40, voire 50 ans... qu'est ce que l'âge change finalement ?J'ai évidemment moins d'expérience qu'eux. L'avantage de l'inexpérience c'est d'avoir un regard neuf sur notre pratique, sur notre façon de nous préparer. Je n'ai pas de préjugés, on compense avec l'envie, la jeunesse, l'énergie.Votre formation d'ingénieur vous aide-t-elle pour la gestion du bateau, la gestion des risques ?C'est vrai que l'on fait des choses un peu extrêmes, je ne suis pas du tout casse-cou. On se prépare, on minimise la prise de risques pour pouvoir faire des choses extraordinaires de façon raisonnable. Après dans la gestion du bateau, les compétences techniques me servent énormément.Participez-vous à la confection de votre bateau ?Oui, c'est une partie qui me passionne. Un projet ça se construit vraiment dans le temps. Il faut convaincre un partenaire de nous accompagner dans une aventure. Il faut concevoir un bateau avec des architectes, une équipe technique, des ingénieurs. Construire le bateau, ensuite le développer, le mettre au point, le fiabiliser, tout cela dure des mois. Au final, la course, ce n'est que les derniers pourcentages de l'aventure.Quelle est votre préparation physique ?Beaucoup de sport. Course à pied, vélo, surf, kayak, tout ce qui permet de bouger. Pas trop de salle, j'essaie d'éviter.Il y a aussi l'aspect de la préparation mentale qui est importante non ? Comment ça se passe ?J'échange avec d'autres sportifs qui vivent des choses à la fois différentes et peu communes. Je suis attentif à la notion de prise de risques et d'engagement humain qui est très important à voir.

« J'ai tout fait dans ma petite vie de marin »

La navigation seule est-elle mieux que celle à deux ?J'ai fait de l'équipage, j'ai fait du double, du solitaire. J'ai tout fait dans ma petite vie de marin. Aujourd'hui j'apprends en solitaire, je découvre plein de chose. En ce moment je prends énormément de plaisir en solitaire. Je suis dans une phase de ma vie ou je suis content de faire du solitaire.Prochaines échéances ?La mer et la montagne peut-êtreLe Trophée de marin de l'année ?C'est la premier fois que je suis nominé, c'est chouette, j'en suis super fier mais on verra bien si j'ai la chance d'arriver jusqu'au bout.

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