Face aux sanctions, l'Iran étend son programme balistique

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 (Précisions, contexte) 
    DUBAI, 31 décembre (Reuters) - Le président iranien Hassan 
Rohani a ordonné au ministre de la défense d'étendre le 
programme balistique de la république islamique, en réaction à 
la volonté prêtée à Washington de durcir ses sanctions contre 
Téhéran pour un tir de missile expérimental effectué en octobre 
par l'Iran.  
    "Puisque le gouvernement américain continue à mener une 
politique hostile et illégale (...), les forces armées doivent 
accroître rapidement et de façon importante leurs capacités dans 
le domaine des missiles", dit-il dans une lettre adressée au 
ministre, Hossein Dehghan, reprise par l'agence de presse Irna. 
    Selon le Wall Street Journal qui a révélé l'information 
mercredi, les sanctions américaines à l'étude visent une dizaine 
de sociétés et d'individus en Iran, à Hong Kong et aux Emirats 
arabes unis pour leur rôle présumé dans le développement du 
programme iranien.   
    Le contentieux entre l'Iran et les Etats-Unis porte sur le 
type de missiles que Téhéran est autorisé à développer. Dans le 
cadre de l'accord de Vienne conclu en juillet dernier pour 
encadre le programme nucléaire iranien en échange d'une levée 
des sanctions internationales, l'Iran peut développer des 
missiles à condition qu'ils ne soient pas "capables de", ou 
"conçus pour", emporter des charges nucléaires.  
    Selon un rapport d'experts de l'Onu consulté par Reuters le 
15 décembre dernier, le missile Emad de moyenne portée testé par 
l'Iran le 10 octobre était un missile balistique susceptible 
d'emporter une charge nucléaire.   
    Les missiles balistiques suivent une trajectoire haute en 
forme d'arc avant de retomber sur leur cible sous l'effet de la 
gravité, contrairement aux missiles de croisière qui volent à 
très basse altitude.  
    Les tests de missiles balistiques sont interdits à l'Iran 
par la résolution 1929 du Conseil de sécurité, qui remonte à 
2010 et reste valide jusqu'à l'entrée en vigueur de l'accord de 
Vienne.  
    Ensuite, l'Iran sera toujours tenue de ne pas effectuer de 
travaux sur les missiles balistiques destinés à emporter des 
charges nucléaires pour une période maximum de huit ans, selon 
la résolution adoptée en juillet pour valider l'accord de 
Vienne. 
    L'Iran estime que cette résolution 2231 n'interdit que les 
missiles "conçus" pour emporter une ogive nucléaire mais pas les 
missiles "capables" d'en emporter. L'Iran qualifie l'Emad de 
missile conventionnel. 
    De sources gouvernementales iraniennes, on fait savoir que 
le guide suprême de la république islamique, Ali Khamenei, 
considérerait de nouvelles sanctions liées aux missiles comme 
une violation de l'accord du 14 juillet. 
    Le porte-parole du ministère iranien des Affaires 
étrangères, Hossein Jaber Ansari, a condamné jeudi le projet 
américain d'imposer de nouvelles sanctions "arbitraires et 
illégales".  
     
 
 (Sam Wilkin, Jean-Philippe Lefief et Jean-Stéphane Brosse pour 
le service français) 
 
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