Face aux locations Airbnb illégales, Barcelone emploie la manière forte

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La capitale catalane multiplie les opérations coups de poing contre les locations touristiques illégales. Après les courriers et les amendes dissuasives, la municipalité a annoncé la fermeture de 250 logements non autorisés.

Les propriétaires français, et parisiens en particulier, qui louent leur appartement via Internet sans trop se soucier de la législation auront peut-être du souci à se faire si l’Hexagone s’inspire de l’exemple espagnol. La mairie de Barcelone, seconde ville d’Espagne, vient en effet d’annoncer qu’elle allait fermer 254 meublés loués sans autorisation à des touristes et infliger à chaque propriétaire une amende de 30.000 euros, un mois après l’adoption d’un «plan choc» contre ce phénomène. Des mesures bien plus radicales que celles employées dans la capitale française lors d’opérations coup de poing visant les locations Airbnb illégales.

La municipalité s’est donné pour priorité de réguler l’activité touristique débordante dans la ville de 1,6 million d’habitants, visitée chaque année par 27 millions de personnes, selon la mairie. Depuis début juillet, 20 fonctionnaires ont été chargés d’arpenter en particulier la vieille ville, pour vérifier sur place si tel ou tel appartement repéré sur internet dispose bien de l’autorisation nécessaire pour être loué à des touristes.

375 plaintes en un mois

Les agents ont effectué leurs vérifications dans 509 appartements et découvert que près de la moitié d’entre eux, 234, ne disposaient pas de licence, a indiqué la mairie dans un communiqué de presse et par téléphone à l’AFP. Une autre équipe d’inspecteurs a par ailleurs décidé la fermeture de 22 autres meublés touristiques. La mairie a également ouvert sur son site internet une page permettant de vérifier la légalité d’un logement touristique. En un mois, elle a reçu 375 plaintes.

La mairie a par ailleurs commencé à diffuser 807.000 courriers aux Barcelonais leur demandant de collaborer pour la détection des logements touristiques loués au noir et sans licence. L’an dernier, la mairie en avait fermé 388. Près de 10.000 appartements sont officiellement inscrits comme meublés touristiques.

La mairie avait déjà annoncé en décembre avoir infligé aux plateformes d’hébergement chez l’habitant Airbnb et HomeAway deux amendes de 30.000 euros chacune, pour avoir fait la publicité de logements qui n’étaient pas habilités à recevoir des touristes. Le nouveau «plan choc» adopté fin juin comprend des peines d’amende contre ces plateformes qui pourraient atteindre les 600.000 euros.

Des habitants de Barcelone se plaignent notamment des nuisances sonores engendrées, la nuit, par les touristes et de l’augmentation du prix des loyers sous l’effet des lucratives locations aux étrangers. La municipalité est dirigée depuis juin 2015 par Ada Colau, ex-porte-parole d’une association militant pour le droit au logement pendant la crise. Egérie du mouvement des Indignés, elle est aujourd’hui une alliée clef du parti anti-austérité Podemos.

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