Face au terrorisme, faire changer la peur de côté-Sarkozy

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    PARIS, 11 août (Reuters) - La France doit faire changer la 
peur de côté dans la lutte contre le terrorisme, déclare Nicolas 
Sarkozy en réponse à François Hollande qui se pose en protecteur 
de l'Etat de droit alors qu'une partie de la droite justifie un 
quasi-état d'exception. 
    Dans ce qui est présenté jeudi par Valeurs actuelles comme 
un ultime entretien avant sa déclaration de candidature à la 
primaire de la droite en vue de la présidentielle, le patron des 
Républicains estime que "la France vulnérable n'est pas la 
France".   
    L'ancien chef de l'Etat, qui doit démissionner de la 
présidence de LR avant le 25 août s'il veut se déclarer, met 
l'accent sur l'identité, la sécurité, la conquête sur l'islam 
radical et cible l'exécutif.   
    "La guerre nous a été déclarée. La guerre. La France doit 
être impitoyable, elle doit faire changer la peur de côté. Elle 
ne doit pas se perdre dans des débats abscons", dit-il. "L'état 
de droit, par exemple, n'a rien à voir avec les tables de la Loi 
de Moïse, gravées sur le mont Sinaï. Qu'y a-t-il de plus 
évolutif que le droit ?". 
    Le Premier ministre Manuel Valls a estimé après les 
attentats de Nice et de Rouen que les responsables politiques 
n'allaient pas "inventer une nouvelle loi après chaque 
attentat". 
    "Je sens la République suffoquer. En vingt mois, 
il y a eu 237 Français assassinés. Ils le sont parce que les 
barbares qui nous attaquent nous croient faibles (...) Et donc 
ils se déchaînent", rétorque Nicolas Sarkozy. 
    L'ancien chef de l'Etat appelle à une "reprise en main" et à 
une "réponse politique" sur le plan intérieur, qui "dépasse 
l'indispensable riposte pénale et les mesures de sécurité à 
mettre en place" avec des mesures contre le communautarisme. 
     
    "PRÉSOMPTION DE NATIONALITÉ" 
    "Elle doit obéir à une stratégie simple : la République ne 
reculera plus sur rien. Cela implique d'interdire les 
expressions communautaires dans les entreprises, le voile à 
l'université comme dans l'entreprise, et les menus de 
substitution dans les cantines scolaires", dit-il. 
    Nicolas Sarkozy réaffirme son opposition à la suppression du 
droit du sol mais propose une "modification assez substantielle" 
de celui-ci, avec une "présomption de nationalité". 
    "Celle-ci permettrait de ne pas attribuer la nationalité à 
quelqu'un qui aurait un casier judiciaire à sa majorité ou dont 
on pourrait prouver que ses parents étaient en situation 
irrégulière au moment de la naissance", explique-t-il. 
    Concernant la "guerre extérieure" contre l'islamisme, le 
président des Républicains estime qu'il faut "se réconcilier 
avec les Russes" et "convaincre nos partenaires arabes d'envoyer 
des troupes au sol, car une guerre ne se gagne pas seulement à 
10.000 mètres d'altitude". 
 
 (Gérard Bon, édité par Yann Le Guernigou) 
 
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