Face au scandale Barcenas, Mariano Rajoy exclut de démissionner

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FACE AU SCANDALE DU FINANCEMENT DU PP, LE PRÉSIDENT DU GOUVERNEMENT ESPAGNOL EXCLUT DE DÉMISSIONNER
FACE AU SCANDALE DU FINANCEMENT DU PP, LE PRÉSIDENT DU GOUVERNEMENT ESPAGNOL EXCLUT DE DÉMISSIONNER

par Emma Pinedo et Andrés González

MADRID (Reuters) - La pression s'accroît sur le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, qui a exclu lundi de démissionner après une nouvelle audition de l'ancien trésorier du Parti populaire (PP), incarcéré dans le cadre d'une enquête sur une affaire de corruption.

Luis Barcenas, 55 ans, ancien argentier du PP accusé de corruption, blanchiment d'argent, évasion fiscale et d'autres infractions, a été entendu à huis clos par un juge de la Haute cour de Madrid pendant plus de trois heures, lundi.

Un avocat participant à la procédure judiciaire a dit à Reuters que l'ex-trésorier avait remis à la justice des documents expliquant la manière dont il a géré pendant des années les fonds secrets du Parti populaire.

Luis Barcenas, qui a tenu les cordons de la bourse du PP pendant vingt ans, a fourni en outre des précisions sur des paiements en liquide faits à des dirigeants du parti pendant des années. Des enveloppes auraient été remises à Mariano Rajoy et à d'autres cadres du PP en 2008, 2009 et 2010.

L'opposition espagnole a appelé à la démission du chef du gouvernement. Mariano Rajoy, dit-on au PP, est la cible d'un mécontentement croissant à l'intérieur de son propre parti.

Le quotidien El Mundo a écrit dimanche qu'il avait envoyé sur une période de temps prolongée des messages de soutien à Luis Barcenas. Ce dernier, qui a longtemps nié l'existence d'une caisse noire au PP, explique dans un entretien accordé au quotidien avoir agi par loyauté envers Mariano Rajoy.

Luis Barcenas a reconnu que le PP avait bénéficié de financements illicites de la part de promoteurs immobiliers en échange de contrats publics passés par les communautés autonomes, les régions, dirigées par la formation conservatrice.

El Mundo précise que les messages textes envoyés par Rajoy à Barcenas ont duré jusqu'à deux mois après les premières révélations parues dans la presse en janvier.

SITUATION INTENABLE

Mariano Rajoy est intervenu lundi pour dire qu'il excluait l'idée de démissionner. "Je vais défendre la stabilité politique et je vais remplir le mandat que les électeurs espagnols m'ont confié", a-t-il dit.

Le chef du gouvernement a ajouté qu'il ne laisserait pas le scandale affecter son programme de réformes politiques visant à lutter contre la récession et à résorber l'important déficit budgétaire du pays.

"Le PP dispose certes d'une majorité absolue mais il a perdu son autorité morale", estime la secrétaire générale adjointe du Parti socialiste, Elena Valenciano. "Nous allons travailler avec tous les partis afin de faire chuter le Premier ministre".

Les socialistes ne disposent toutefois pas du nombre d'élus suffisants pour obtenir un vote de censure du gouvernement, a rappelé le secrétaire adjoint du PP, Carlos Floriano.

Le chef du gouvernement a expliqué lundi que les messages envoyés à Barcenas étaient sincères et démontraient qu'il n'avait pas cédé au chantage que lui faisait l'ancien trésorier.

Au sein du Parti populaire, plusieurs responsables estiment que le président du gouvernement a perdu la crédibilité requise face à une opinion publique lassée par la crise et la persistance d'un taux de chômage élevé.

Un récent sondage réalisé par Metroscopia montre que le soutien du PP est passé de 44% lors des élections de 2011 à 25%.

"Tout le monde dans le parti est convaincu qu'on ne peut plus sauver la situation. La meilleure chose pour Rajoy est d'organiser une procédure de transmission du pouvoir à quelqu'un d'autre au sein du parti", juge un député du PP.

Un autre cadre du parti pense que la vice-présidente du gouvernement, Soraya Saez de Santamaria, pourrait succéder à Rajoy car elle incarne la nouvelle génération du PP et n'est pas touchée par le scandale Barcenas.

Aux termes de la Constitution, le Parlement peut choisir un nouveau chef de gouvernement sans avoir à recourir à des élections législatives.

Pierre Sérisier pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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