Face au populisme, Juncker prône une UE plus protectrice

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    * Un "agenda positif" pour le post-Brexit 
    * Doublement du plan d'investissement européen 
 
    STRASBOURG, 14 septembre (Reuters) - Le président de la 
Commission européenne a prôné mercredi une Europe plus sociale, 
qui protège à l'intérieur comme sur ses frontières extérieures, 
pour relancer une UE en crise avec le départ du Royaume-Uni et 
la montée des populismes. 
    Pour son second discours sur l'état de l'Union prononcé 
devant le Parlement européen à Strasbourg, à deux jours du 
sommet de Bratislava où les Vingt-Sept doivent se pencher sur 
l'avenir de l'UE, Jean-Claude Juncker a proposé "un agenda 
positif pour les douze prochains mois". 
    "L'Europe n'est pas au mieux de sa forme", a-t-il reconnu 
d'emblée en évoquant "une crise existentielle". 
    "Il y a trop de domaines dans lesquels nous ne coopérons pas 
assez, ce sont souvent des intérêts nationaux qui sont 
poursuivis", a-t-il ajouté avant de concéder que "l'intégration 
européenne ne peut pas se faire au détriment des peuples" et que 
"l'Europe ne doit jamais devenir un Etat". 
    Confronté à la fronde de plusieurs pays d'Europe centrale 
qui refusent le plan de relocalisation des réfugiés, l'ancien 
Premier ministre luxembourgeois s'est gardé de revenir 
directement sur le sujet, qui était au cœur de son discours de 
l'an passé, pour parler croissance, emploi et droits sociaux. 
    "L'Europe doit être à l'origine d'une économie sociale, sans 
dumping social", a-t-il dit, relayant une revendication de la 
gauche aujourd'hui partagée à droite dans les pays de l'Ouest 
confrontés au problème des "travailleurs détachés". 
    Alors que la firme américaine Apple vient d'être condamnée 
par la Commission à rembourser à l'Irlande 13 milliards d'euros 
au titre de l'impôt sur les bénéfices, il a affirmé que "toute 
entreprise doit payer ses impôts là où ses bénéfices sont 
générés". 
     
    GARDES-FRONTIERES 
    Quant au pacte de stabilité, qui impose des règles strictes 
aux Etats de la zone euro en termes d'endettement et de déficit 
budgétaire, il doit être appliqué "avec flexibilité de manière à 
ce qu'il ne fasse pas obstacle à la croissance". 
    Le président de la Commission a également annoncé le 
doublement en volume et en durée du plan d'investissement qu'il 
a lancé en 2014. 
    Le "plan Juncker", qui consiste à mobiliser 21 milliards 
d'euros de fonds et de garanties européennes pour attirer des 
capitaux privés et générer 315 milliards d'euros d'ici 2017, 
serait porté à 500 milliards d'ici 2020 voire 630 milliards 
d'ici 2022. 
    Jean-Claude Juncker a annoncé qu'un programme 
d'investissement spécifique de 44 milliards d'euros, pouvant 
être porté à 88 milliards avec la contribution des Etats 
membres, serait destiné à l'Afrique et aux pays voisins de 
l'Union européenne. 
    "C'est un programme qui complètera notre aide au 
développement et permettra de faire face à une des causes 
fondamentales des flux migratoires", a-t-il commenté. 
    Il a annoncé l'envoi de 200 gardes-frontières 
supplémentaires en Bulgarie et une nouvelle procédure 
d'enregistrement des personnes arrivant aux frontières 
extérieures de l'UE. 
    Prônant une Europe qui "protège", il a invité les Etats 
membres à se saisir de la disposition du traité de Lisbonne 
autorisant la mise en commun de certaines de leurs capacités de 
défense, relayant une proposition formulée voici deux jours par 
la France et l'Allemagne. 
    Le président de la Commission a également eu un mot pour le 
Royaume-Uni et son peu d'entrain, presque trois mois après le 
référendum en faveur du Brexit, à invoquer l'article 50 du 
traité européen qui entraînera son départ de l'Union européenne 
dans les deux ans qui suivent. 
    "Nous serons heureux que la demande du Royaume-Uni nous 
parvienne rapidement pour mettre fin aux incertitudes", a-t-il 
lancé avant de souligner que "le marché intérieur, la libre 
circulation ne peuvent pas être à la carte". 
 
 (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • jjd47 il y a 3 mois

    Fce au"populisme", je réenchéris!