Face à Obama, Netanyahu entend "résister aux pressions"

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OBAMA REÇOIT NETANYAHU POUR SAUVER LE PROCESSUS DE PAIX
OBAMA REÇOIT NETANYAHU POUR SAUVER LE PROCESSUS DE PAIX

par Jeffrey Heller et Matt Spetalnick

WASHINGTON (Reuters) - Benjamin Netanyahu a déclaré sans ménagement lundi à Barack Obama que les Israéliens attendaient de leur Premier ministre qu'il ne fasse aucun compromis sur leur sécurité, malgré la volonté du président américain de le rassurer sur l'Iran et de le pousser au compromis avec les Palestiniens.

Au cours d'un entretien à la Maison blanche relégué à l'arrière-plan par la crise ukrainienne, les deux dirigeants se sont employés à éviter tout accrochage face aux journalistes dans le Bureau ovale mais ils n'ont pu masquer leurs divergences sur ces deux dossiers ultra-sensibles.

Barack Obama a assuré Netanyahu de son "engagement absolu" à empêcher l'Iran de se doter de l'arme atomique, malgré le scepticisme israélien face aux efforts de Washington pour amener Téhéran à réduire ses activités nucléaires.

Mais le président américain a aussi invité le Premier ministre israélien à prendre des "décisions difficiles" pour contribuer au sauvetage des pourparlers israélo-palestiniens.

"Le peuple israélien attend de moi que je résiste aux critiques et aux pressions", a répliqué Benjamin Netanyahu.

Le Premier ministre israélien a entamé sa visite à Washington en entendant un avertissement à peine voilé de Barack Obama déclarant qu'il serait de plus en plus difficile de protéger son allié israélien contre les efforts visant à l'isoler au niveau international si les pourparlers échouaient.

Les Etats-Unis espèrent convaincre Israéliens et Palestiniens d'accepter d'ici à la fin avril un "cadre de négociations" qui permettrait la poursuite des discussions sur le principe de "la terre contre la paix".

Le président palestinien, Mahmoud Abbas, est attendu à son tour à la Maison blanche le 17 mars.

COLONISATION EN HAUSSE EN 2013

Les responsables israéliens tiennent Mahmoud Abbas pour responsable de l'enlisement des négociations en lui reprochant de ne pas avoir accepté une demande-clé de Benjamin Netanyahu: la reconnaissance par les Palestiniens d'Israël comme l'Etat-nation du peuple juif - ce qui implique de renoncer au droit au retour des réfugiés palestiniens.

Benjamin Netanyahu a encore renouvelé lundi cette demande à l'issue de son entretien à la Maison blanche.

Les Palestiniens rétorquent qu'ils ont déjà reconnu l'Etat d'Israël lors de déclarations officielles et en signant les accords de paix intérimaires, et que c'est la poursuite de la colonisation israélienne qui constitue le principal obstacle à la paix.

Les chiffres publiés lundi à Jérusalem par le Bureau central des statistiques montrent qu'Israël a mis en chantier dans les implantations juives des territoires occupés deux fois plus de logements en 2013 que l'année précédente.

Le nombre de nouveaux projets de logements a bondi de 1.133 en 2012 à 2.534 l'année dernière, précise le Bureau. Quelque 500.000 colons vivent sur des terres occupées depuis la guerre de 1967, dont Israël entend conserver une partie dans le cadre d'un éventuel accord de paix avec les Palestiniens.

Selon un responsable israélien, Benjamin Netanyahu est prêt à se montrer "souple" et en désignant à l'avance le cadre de négociations suggéré par John Kerry comme un document américain, il s'est selon lui donné une marge de manoeuvre par rapport aux opposants à un accord de paix dans son propre camp.

Mais Benjamin Netanyahu est d'autant moins enclin à faire des cadeaux au président américain qu'il n'a pas digéré l'accord intérimaire conclu en novembre avec l'Iran sur son programme nucléaire, qu'il a qualifié "d'erreur historique".

Craignant que Téhéran ne parvienne à se doter de la bombe atomique, Israël réclame que tout accord définitif prévoit le démantèlement de toutes les centrifugeuses servant à enrichir l'uranium, alors que Washington a proposé que Téhéran puisse continuer à produire de l'uranium faiblement enrichi à usage exclusivement civil.

"Il n'y a aucune chance qu'ils (Obama et Netanyahu) s'entendent là-dessus", estime Daniel Kurzer, ancien ambassadeur américain en Israël.

(Tangi Salaün et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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  • delapor4 le mardi 4 mar 2014 à 04:01

    Qu'attend ce grand humaniste d'Obama pour le sanctionner comme il sanctionne Poutine? On nous prend vraiment pour des c.