Face à la crise migratoire, Merkel prête à aider la Turquie

le
0

(Précisions, déclarations, contexte) par Nick Tattersall et Paul Carrel ISTANBUL/BERLIN, 18 octobre (Reuters) - La chancelière allemande Angela Merkel, en visite dimanche à Istanbul, a offert à la Turquie une assistance financière et diplomatique -- pour accélérer les discussions sur l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne -- en échange de l'aide d'Ankara face à la crise migratoire qui touche l'Europe. Lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu, Angela Merkel s'est dite prête à appuyer la Turquie dans ses efforts pour adhérer à l'Union. Elle est aussi disposée à aider Ankara qui demande une exemption de visas pour les Turcs désirant se rendre dans un pays de l'UE. "L'Allemagne est prête cette année à ouvrir le chapitre 17 et à préparer l'ouverture des chapitres 23 et 24", a-t-elle dit à propos des discussions sur l'entrée de la Turquie dans l'UE. Ankara a entamé les négociations formelles d'adhésion en 2005 mais en raison de l'opposition de plusieurs membres de l'UE dont Chypre et la France, seuls 14 chapitres de négociations sur un total de 35 ont été ouverts à ce jour et un seul a été clôturé. Le chapitre 17 concerne la politique monétaire et économique. La France a levé en 2013 son blocage sur le chapitre 22 sur la politique régionale et s'est dite prête à ouvrir les chapitres 23 et 24 qui couvrent les domaines des droits fondamentaux et de la justice. "La crise que nous connaissons, due à un déplacement très désordonné et incontrôlé de réfugiés, nous permet de renforcer notre coopération dans de nombreux domaines, à la fois entre l'Union européenne et la Turquie et entre l'Allemagne et la Turquie", a déclaré la chancelière. "ZONE DE SÉCURITÉ" EN SYRIE Les deux chefs de gouvernement ont reconnu qu'il n'était pas possible de régler la crise migratoire en Europe sans trouver une solution au conflit en Syrie. Si l'on veut réduire le flot de migrants vers l'UE, le Premier ministre turc a réaffirmé la nécessité, selon lui, d'instaurer une "zone de sécurité" dans le nord de la Syrie, une idée que son pays défend depuis plusieurs mois. Il a dit craindre de nouvelles arrivées de réfugiés en Turquie en raison de l'intensification des combats autour de la ville d'Alep et des bombardements de l'aviation russe qui appuie les forces gouvernementales syriennes. Il y a actuellement 2,2 millions de Syriens et 300.000 Irakiens en Turquie. "Notre priorité est d'empêcher l'immigration illégale et de réduire le nombre d'arrivées sur notre territoire. A cet égard, nous avons eu récemment des discussions très fructueuses avec l'UE", a dit Ahmet Davutoglu. Si des progrès ont été réalisés, notamment en vue de "redynamiser" les discussions d'adhésion de la Turquie à l'UE, ainsi que sur le dossier des visas, plusieurs questions restent encore à régler, a-t-il poursuivi. "Il y a tout d'abord la juste répartition du fardeau des réfugiés. Le montant de l'aide (...) est secondaire. Le plus important, c'est la volonté commune de régler cette question. La Turquie s'est sentie bien trop seule ces dernières années." VISAS L'exemption de visas pour les Turcs se rendant en Europe devrait être effective dès juillet 2016 au lieu de 2017 comme évoqué jusqu'ici, a dit le Premier ministre. En échange, Ankara signera un accord pour accueillir les migrants renvoyés par l'UE. La Turquie demande également à pouvoir participer aux sommets européens, a poursuivi Ahmet Davutoglu. "L'Allemagne est prête à offrir son appui (à la Turquie). Sur la question des visas, nous pouvons discuter au sein du groupe de travail germano-turc (...) des possibilités de faciliter les choses", a dit Angela Merkel. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé vendredi que l'UE avait mis trop de temps à réaliser l'importance du rôle d'Ankara dans la crise des migrants et a accusé les dirigeants européens de manquer de sincérité quand ils évoquent l'adhésion de la Turquie. A l'issue d'un Conseil européen consacré à la crise migratoire, les dirigeants de l'UE se sont mis d'accord vendredi sur un "plan d'action" prévoyant une aide financière qui pourrait s'élever à trois milliards d'euros pour la Turquie, la perspective d'un assouplissement de l'octroi de visas pour ses ressortissants et une relance des discussions sur son adhésion en échange de sa coopération face à l'afflux de réfugiés vers l'Europe. ID:nL8N12G2PO (Avec Asli Kandemir à Istanbul; Guy Kerivel pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant